Client UberPop agressé à Lyon: «Les taxis m'ont laissé dans ma flaque de sang»

TEMOIGNAGE Alexandre a été frappé au visage par des chauffeurs de taxi samedi soir à Lyon...

Caroline Girardon

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Alexandre a le nez et le sinus maxillaire fracturés.
Alexandre a le nez et le sinus maxillaire fracturés. — Capture d'écran Facebook

Une simple phrase qui a déclenché un déferlement de violence. Alexandre, 27 ans, a essuyé samedi soir une pluie de coups au visage, agressé selon lui par des chauffeurs de taxi dans le quartier de la Confluence. Il souffre aujourd’hui d’une fracture du nez et du sinus maxillaire, risquant également une paralysie de la partie gauche de son visage, comme en témoignent les photos postées sur son profil Facebook.

UberPop: Un client défiguré après avoir été agressé par des taxis à Lyon

«Je sortais d’un dîner de clôture d’un séminaire franco-allemand auquel j’assistais avec des amis, raconte le jeune homme à 20 Minutes. On s’est approché des taxis et on en a vu un avec une lumière verte. On lui a demandé s’il pouvait nous prendre mais il répond qu’il était en grève.»

«Je lui ai demandé pourquoi sa lumière était allumée, poursuit Alexandre. Il m’a insulté, rétorquant que ce n’était pas mes affaires. J’ai alors eu le tort de répondre que je comprenais mieux pourquoi certains utilisateurs se tournaient vers Uber.» Le ton serait alors monté d’un cran avant qu’un autre conducteur de taxi tente de séparer les deux hommes.

«On s'est serré la main au moment de partir»

«On a finalement réussi à se calmer et à discuter. On s’est même serré la main au moment de partir», confie Alexandre. Sauf que la situation a dégénéré quelques minutes plus tard lorsque le groupe se dirigeait vers une station de vélo.

«Au bout de 100 mètres, j’ai senti une main sur mon épaule. Je me suis retourné et j’ai pris plusieurs coups au visage avant de tomber par terre», raconte la victime. Le jeune homme est formel : ses agresseurs sont le conducteur de taxi avec qui il a eu maille à partir et son collègue. Des témoins présents au moment de l'agression les aurait également identifiés, selon Hadrien Bourrellis, l'avocat d'Alexandre.

«Pas de preuve» selon les taxis

Mais pour la Fédération du Rhône des Taxis indépendants, «il n’y a rien de prouvé». «Nous condamnons absolument ces violences mais il n’y a pour l’instant pas de preuves qu’il s’agisse de chauffeurs de taxi», déclare son président Pascal Wilder, conscient que cette agression puisse porter préjudice à la profession.

«Les pompiers sont arrivés au bout de 25 minutes. Pendant ce temps, aucun taxi ne s’est proposé de m’emmener à l’hôpital, ils m’ont laissé dans ma flaque de sang», enchaîne Alexandre qui doit se faire opérer en fin de semaine.

«Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. Pourquoi cette violence gratuite ?». Le jeune actif n’est d’ailleurs pas un adepte de UberPop puisqu’il prend régulièrement des taxis à Paris, où il habite.

La Préfecture condamne ces actes

«Je suis la victime d’un débat qui m’échappe. Mais je serais très heureux de pouvoir échanger avec mes agresseurs et de pouvoir participer au débat public», explique le jeune homme.

De son côté, le Préfet du Rhône, qui a pris jeudi un arrêté interdisant les transports de type UberPop, s’est indigné de ces violences, parlant de «débordements pas acceptables» et appelant au «calme, à la maîtrise et à la responsabilité de chacun».

Il a également promis d' «agir avec fermeté» si la responsabilité des conducteurs de taxis est démontrée lors de l’enquête qui est actuellement en cours. «Nul ne peut se faire justice soi-même», conclut-il.