OL: «Ce sera difficile de récupérer les filles en championnat», prédit Gérard Prêcheur

FOOTBALL FEMININ S'il se montre très optimiste quant aux chances de l'équipe de France dans cette Coupe du monde, l'entraîneur de l'OL redoute l'état dans lequel il va retrouver ses quinze internationales...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Gérard Prêcheur a signé un doublé Championnat-Coupe de France pour sa première saison sur le banc lyonnais.
Gérard Prêcheur a signé un doublé Championnat-Coupe de France pour sa première saison sur le banc lyonnais. — A. Coudert / Sipa

Gérard Prêcheur ne va regarder « que les matchs des Lyonnaises ». Il aura donc tout de même droit aux rencontres de la France, de la Suède, du Japon, de la Norvège et de l’Allemagne durant ce Mondial au Canada. L’entraîneur de l’OL a livré son analyse à 20 Minutes.

Allez-vous regarder toute cette Coupe du monde comme un simple spectateur ?

Non, je ne suis pas un supporter dans l’âme. Je ne me débarrasse jamais de mon regard de technicien.

Jusqu’où voyez-vous aller cette équipe de France ?

Pour moi, c’est intrinsèquement la meilleure équipe de la compétition. Je la trouve au-dessus des Etats-Unis et de l’Allemagne. Le Brésil ne m’a pas fait une bonne impression en amical à Gerland en novembre (2-0 pour les Bleues en amical). Attention à la Suède qui a vraiment un gros potentiel.

Vous ne serez pas spécialement supporter des Bleues ?

Je suis lyonnais avant tout et mon cœur serait coupé en deux en cas de France-Japon ou France-Norvège. S’il y a un France-Suède (la sélection de l’attaquante vedette de l’OL Lotta Schelin), il serait même coupé en douze !

Craignez-vous le contrecoup d’une éventuelle nouvelle déception pour vos onze internationales françaises ?

Oui, mais ce sera difficile de récupérer les filles en championnat dans tous les cas. En cas d’élimination, il faudra qu’elles rebondissent comme après avoir perdu contre Paris en Ligue des champions cette saison. Mais si on récupère des championnes du monde, ce ne sera pas simple non plus de mobiliser les troupes pour sept heures de bus avant un match de D1 à Soyaux ou Albi.

Est-ce votre plus grande crainte ?

Non, plus que le contrecoup mental, je crains énormément l’aspect physique. Les risques de blessures sont encore plus grands avec ces terrains synthétiques. Et dans les trois mois qui suivront cette Coupe du monde, il faudra être très vigilant. Les filles n’ont quasiment pas eu de coupure à Noël. Je tiens donc à leur laisser trois semaines et demie de vacances après le Mondial. Ce qui signifie qu’avec les quatre semaines de préparation qui suivront, elles ne seront pas prêtes pour la première journée de D1.