Lyon: Sans accord avec la mairie, les personnels des cantines devraient débrayer jeudi

SOCIAL De nombreux restaurants scolaires devraient rester fermés en raison de la grève des agents municipaux…

Elisa Frisullo

— 

Le 18 décembre 2012. Illustration dans une cantine lyonnaise. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Le 18 décembre 2012. Illustration dans une cantine lyonnaise. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

La grève entamée jeudi dernier dans les restaurants scolaires pourrait bien durer jusqu’à la fin de l’année scolaire. Les personnels municipaux, soutenus par l’intersyndicale de la Ville de Lyon (Unsa, CFTC, Sud), ont en effet décidé de débrayer chaque jeudi pour obtenir de la mairie des réponses concrètes à leur malaise. « L’année scolaire a encore été signe de fatigue, de souffrance et de découragement pour de nombreux agents », assure l’intersyndicale, déplorant les engagements non tenus par le maire de Lyon Gérard Collomb depuis le dernier gros mouvement social de 2013.

Des revendications qui ont guère évolué

« Le protocole signé par la ville et l’intersyndicale en 2013, concernant les remplacements et l’amélioration des conditions de travail n’est pas tenu, ajoutent les syndicats. Deux ans après les grèves à répétition de 2010, 2012 et 2013 dans les cantines, les revendications des agents, confrontés chaque année à une hausse du nombre d’enfants accueillis à l’heure du déjeuner, demeurent donc sensiblement les mêmes. Manque de remplacements, manque de reconnaissance, salaires faibles… « Négligez les conditions de travail des agents, c’est ne pas donner aux élèves lyonnais toute l’attention qu’ils méritent », déplore l’intersyndicale, qui a entamé des négociations avec la ville en mai pour éviter une nouvelle grève.

Mais selon Catherine Chaize, déléguée CFTC à la ville de Lyon, les efforts consentis par la municipalité seraient faibles. « La direction refuse de revaloriser les salaires et ne fait des propositions que sur des points négociés en 2013. Des avancées que les agents auraient donc déjà dû obtenir depuis longtemps ».

De meilleures conditions de travail selon la Ville

« Je peux entendre certaines revendications, d'autres moins, indique Anne Brugnera, adjointe à l'Education à la ville de Lyon. On ne peut pas dire que les conditions de travail se sont détériorées par rapport à l’an passé, alors que les taux d’encadrement se sont nettement améliorés sur la pause méridienne dans le cadre de la réforme des rythmes », indique l’adjointe.

En élémentaire, le taux d’encadrement est ainsi passé à 1 adulte pour 18 enfants (contre 1 pour 24 jusqu’alors) et est resté à 1 adulte pour 12 enfants en maternelle. La mairie, qui estime également avoir fait des efforts pour augmenter le nombre de personnels volants pour remplacer les agents absents, semble peu encline à revaloriser de manière globale les salaires. « L’Etat a décidé de revaloriser les fonctionnaires de catégorie C, ce qui concerne une partie de ces agents », ajoute Anne Brugnera.

Ce mercredi, les personnels doivent de nouveau se réunir pour décider des suites à donner à leur mouvement. Sans accord avec la mairie, ils devraient continuer de débrayer une fois par semaine jusqu’à début juillet.