Trop de gains dans l'eau pour Véolia

©2007 20 minutes

— 

Le Grand Lyon peine à imposer la baisse du prix de l'eau. Depuis plusieurs semaines, la collectivité a entamé un bras de fer avec Véolia et la SDEI (Lyonnaise des Eaux) dans le cadre de la renégociation quinquennale du contrat de délégation signé en 1986 pour trente ans. Mais ces discussions en vue d'obtenir une diminution de la facture pour les usagers sont dans une impasse.

Hier, les élus du Grand Lyon ont annoncé la création d'une commission de conciliation pour qu'une solution soit trouvée avant la fin de l'année. « Il y a un gouffre entre nos positions », résume Patrick Laurent, vice-président chargé des gestions externes. Le Grand Lyon souhaite une baisse de 20 % du prix de l'eau, facturé actuellement 1,76 € le m3 (hors taxes et assainissement), soit le plus élevé de France après Toulon. « Ce prix n'est pas justifié. La rémunération des délégataires est excessive par rapport aux services rendus à l'usager », estime Patrick Laurent. Selon la communauté urbaine, la marge réalisée par Véolia, qui distribue 85 % de l'eau dans l'agglomération, augmente chaque année depuis 2001 et a atteint 20 % en 2006. Alors que dans d'autres agglomérations, cette marge est en moyenne de 11 %.

D'après les Verts, qui dénoncent depuis un an ces pratiques, les bénéfices de Véolia auraient atteint 15 millions d'euros à Lyon en 2005. « Nous souhaitons juste un partenariat public-privé plus équilibré », ajoute Gérard Claisse, l'élu qui préside la commission consultative des services publics. De leur côté, les deux délégataires ont pour l'instant accepté une diminution du prix, notamment sur les cinquante premiers mètres cubes consommés. Ou des baisses du tarif d'abonnement, mais sur certains types de compteurs seulement. « Ces mesures ne concernent que la moitié des ménages. Nous ne pouvons l'accepter », déplore Gérard Claisse. La commission tripartite, composée des délégataires, du Grand Lyon et d'une personnalité indépendante, sera formée d'ici à 15 jours.