Lyon: 10 ans de Vélo'v, le bilan en quatre points

DEPLACEMENTS Lyon a été la première grande ville française à accueillir des vélos en libre-service...

20 Minutes avec AFP

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Lyon a été la première grande ville de France a s'équiper de vélos en libre-service.
Lyon a été la première grande ville de France a s'équiper de vélos en libre-service. — Angot/SIPA

Quand ils ont débarqué à Lyon en 2005, le pari était osé. Car jusqu’à présent, Lyon ne s’était jamais distinguée comme «une ville cycliste». Les Vélo’v, vélos en libre-service ont pourtant transformé la Capitale des Gaules et séduit bon nombre d’adeptes, faisant des émules aux quatre coins de France. Dix ans plus tard, la vélorution est en marche, mais le modèle pas encore tout à fait abouti. L’occasion de dresser le bilan.
 

1. Un concept qui s’exporte bien

Dans les pas du pionnier La Rochelle, Lyon se lance en 2005 et devient le premier programme d’envergure avec 2.000 vélos. Dix ans plus tard, leur nombre a doublé et Vélo’v compte 60.000 abonnés longue durée, 800.000 ponctuels.

Elle-même ne s’en cache pas : Lyon s’est inspirée de ce qui se faisait déjà à Vienne et Oslo, mais à petite échelle. En 2007, Paris monte à son tour à vélo. 20.000 bicyclettes grises débarquent dans les rues de la Capitale qui compte 280.000 abonnés annuels, selon JCDecaux.

Aujourd’hui, plus de 900 villes dans le monde ont mis en place ce service, selon Gilles Vesco, à l’origine du projet.

2. La vélorution en marche
 

Vélo’v a produit «un effet de levier fantastique pour le trafic vélo en ville qui s’est multiplié par trois en 10 ans à Lyon et Villeurbanne», se félicite Gilles Vesco, aujourd’hui en charge des mobilités urbaines au sein de la Métropole.

«En 2014, il a progressé de 22 % dans ces deux villes, quand celui du Vélo’v n’a augmenté que de 17 %. Vélo’v a donc servi de sas à l’acquisition de vélos», poursuit-il

Il a «permis de rendre le cycliste plus visible en ville et de mettre des gens en masse sur les pistes cyclables», confirme Florence Padié, de Pignon sur Rue, association de promotion du vélo dans l’agglomération lyonnaise.

Les Vélo’V n’ont pas fini de rouler

Le nombre de pistes cyclables a également augmenté de plus de 200 kilomètres depuis une quinzaine d’années. Aujourd’hui, l’agglomération compte 614 kilomètres de réseau.3

3. Mais beaucoup reste à faire


Malgré cet incontestable succès populaire, «Vélo’v ne répond pas aux besoins de tous les cyclistes, d’abord parce qu’il n’est présent que sur quatre communes de l’agglomération», pointe Florence Padié. Lyon, Villeurbanne, Caluire et Vaulx-en-Velin sont en effet les seules (sur 59 que compte le Grand Lyon) à disposer du service.

De plus,« la politique cyclable du Grand Lyon ne doit pas se limiter au vélo libre-service», relève encore l’association Pignon sur Rue. Car il y a des problèmes : des pistes cyclables discontinues ; un déficit de signalisation et un manque de «volontarisme politique», ajoute Florence Padié. Selon elle, «Lyon reste bien loin derrière Strasbourg ou Bordeaux».

En effet, 5 % des déplacements dans le Grand Lyon se font en vélo qui reste le moyen de transport le moins utilisé derrière la voiture, la marche ou les transports en commun, selon une estimation de l’agglomération.

A titre de comparaison, le vélo est utilisé dans 15 % des déplacements dans le centre de Strasbourg et dans 8 % de ceux de l’agglomération.

4. Plus de pub en contrepartie

Avec le système JCDecaux, «les vélos sont financés par les panneaux urbains», explique Albert Asseraf, directeur général en charge de la stratégie du groupe français d’affichage et de mobilier urbain. «Ce modèle ne coûte rien à la collectivité ni à l’usager, grâce à la pub», souligne-t-il.

Sur le papier, effectivement. Sauf qu’avec un tel dispositif, les collectivités se passent d’une partie de la généreuse redevance publicitaire, en l’occurrence 50 millions d’euros pour le Grand Lyon sur le contrat 2005-2017, sur une redevance totale de 68 millions, détaille Gilles Vesco.

Les frais de gestion d’un Vélo’v se sont avérés pratiquement deux fois supérieurs (2.000 euros/an) à ceux prévus initialement. Et rien qu’à Lyon, 700 à 800 vélos sont à remplacer chaque année, sur un parc de 4.000.

De plus, le système a conduit à une multiplication des panneaux publicitaires, due certes à l’élargissement du réseau de transport en commun, mais aussi aux contreparties du contrat Vélo’v. En 10 ans, on est passé de 800 abribus avec publicités à 1.500.