Drôme: «Néné» tué pour une poignée de truffes ?

JUSTICE Le procès de son meurtrier présumé, un producteur de la Drôme, s’ouvre ce mardi devant la Cour d’Assises de Valence…

C.G. avec AFP

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Colmar le 06 09 2011. Illustration du code de procédure pénale. 
ans de réclusion en 1994.
Colmar le 06 09 2011. Illustration du code de procédure pénale. ans de réclusion en 1994. — G. VARELA / 20 MINUTES

Le drame était survenu 5 jours avant Noël, en décembre 2010 ; une période de vives tensions à Grignan dans la Drôme. Cette année-là, les producteurs de truffes de la région sont à cran car des voleurs viennent régulièrement subtiliser leur récolte, ce «diamant noir» qui se négocie entre 800 et 1.000 euros le kilo au moment des fêtes.

Laurent Rambaud, aujourd’hui âgé de 37 ans, comparaît à partir de ce mardi devant la Cour d’Assises de la Drôme pour «meurtre». Car ce 20 décembre 2010, l’agriculteur, armé d’un fusil à pompe, a tiré deux fois sur un homme qu’il a surpris dans sa truffière : Ernest Pardo, 42 ans. Un ambulancier de Montélimar, originaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux, tout près.

Voleur ou chercheur de truffes ?

Un homme décrit comme jovial, père de trois filles, croque-mort à ses heures pour son oncle. Fils de cafetiers de Pont-Saint-Esprit, «Néné» ou «Grands pieds» comme ses proches le surnomment, est touché à la cuisse droite et au thorax.

Ce soir-là, Laurent Rambaud dit l’avoir aperçu tenant un objet dans sa main, accompagné d’un chien. Le prenant pour un voleur de truffe, il s’est accroupi, puis a ouvert le feu avant d’aller à sa rencontre et le pousser en arrière. Et de tirer une seconde fois. La victime s’est écroulée quelques mètres loin, sans jamais se relever.

Dans le pays, «Néné» était pourtant connu comme un chercheur de truffes chevronné, pas comme un voleur. Laurent Rambaud découvre dans la main de la victime, un piolet, outil utilisé pour «caver» les truffes.

«Il s’est senti menacé»

«Il s’est senti menacé. Il est à l’antithèse d’une personne qui pourrait volontairement tirer sur quelqu’un pour une poignée de truffes», plaide Alain Fort, son avocat de Rambaud, rappelant le contexte de l’époque.

«Les producteurs de la région ont tout essayé pour protéger leurs récoltes : mettre des clotures, des alarmes sonores mais cela ne marchait pas. Nombre d’entre eux ont été confrontés à des voleurs armés», poursuit-il.

«Ce n’est pas anodin d’aller grimé, en tenue de camouflage, armé jusqu’aux dents, faire feu à deux reprises», répond Stéphane Simonin, avocat de la famille Pardo.

Jusqu’à 30 ans de prison

Quelques jours plus tard, ce drame a réveillé les passions, opposant d’un côté, les partisans de l’agriculteur, prêts à soutenir «le jeune» qui n’a fait que «défendre son pain». Et de l’autre, les proches de «Néné», outrés qu’il ait été «tué comme un chien». Laurent Rambaud encourt 30 ans de réclusion criminelle.