Pro A: Amara Sy et l'Asvel ont fait appel à «l'instinct de survie» pour battre Le Mans

BASKET Diminué par des douleurs au dos, l’emblématique intérieur villeurbannais a été déterminant lundi pour renverser (74-68) le quart de finale retour des play-offs…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Preuve de son expérience en play-offs, Amara Sy s'était déjà révélé décisif lors du dernier titre de l'Asvel en 2009.
Preuve de son expérience en play-offs, Amara Sy s'était déjà révélé décisif lors du dernier titre de l'Asvel en 2009. — PHILIPPE MERLE / AFP

Amara Sy est tout de même un sacré personnage. Non content d’être revenu trois fois dans son club formateur (en 2005 puis en 2008 et enfin en 2012), l’attachant ailier-intérieur franco-malien de 33 ans a serré les dents comme jamais lundi pour sauver l’Asvel (74-68) lors du quart de finale retour face au Mans.

« L’Amiral » savoure à sa juste valeur sa performance du soir (14 points, 5 fautes provoquées et 4 rebonds en 17 minutes), réalisée malgré des douleurs en bas du dos, et il se projette sur l’alléchant match d’appui de mercredi.

Quelles ressources vous ont permis de remporter ce match décisif après avoir été menés de onze points en fin de première mi-temps ?

Je pense que c’est l’instinct de survie. On était un peu dans le dur. Peut-être ont-ils pensé que le match était plié mais nous avons continué d’y croire. On a mieux défendu et on a pu courir pour reprendre de la confiance. L’appui du public a aussi joué ce soir. Un partout, balle au centre…

Avez-vous souffert physiquement pour votre reprise ce soir ?

A ma première entrée en jeu, on était encore dans le match et j’ai eu pas mal d’appréhension. Sur certains mouvements, ça me faisait mal. Quand je suis revenu en deuxième mi-temps, il fallait faire quelque chose. Quitte à se faire mal, c’était le bon moment. Sinon, j’aurais pu avoir des regrets en cas d’élimination. Là, ça me fait très mal…

Estimez-vous pouvoir malgré tout jouer un rôle majeur dans le match d’appui, mercredi au Mans ?

Je ne sais pas comment mon corps va réagir. J’ai une armée de médecins qui m’attend pour faire en sorte que je puisse aider au mieux mon équipe mercredi. Ce soir, ce n’était même pas prévu que je joue. Puis on s’est dit qu’on verrait en quelques minutes comment ça allait se passer. C’était un peu un round d’observation comme en boxe. Puis j’ai été plus agressif et plus confiant en deuxième mi-temps.

Cette performance malgré votre blessure en bas du dos relève-t-elle du miracle ?

Ah oui, carrément (sourire) ! Je ne sais pas si je pourrai rééditer ça mercredi mais là, c’était l’instinct de survie, l’instinct animal. Quand on est dos au mur, il faut faire quelque chose.

Sentez-vous qu’avec votre expérience des play-offs, Alex Acker (16 points à 4/6 à trois points lors du match retour) et vous avez un petit avantage dans ces matchs cruciaux ?

Oui, forcément. Personnellement, j’ai disputé 13 play-offs et je suis passé par toutes les émotions. Ça devient la routine et je gère mieux la pression que certains joueurs moins expérimentés.

Aviez-vous aussi dans un coin de tête la possibilité qu’il s’agisse de votre dernier match sous le maillot de l’Asvel (il est en fin de contrat) ?

Exactement et je ne voulais pas finir comme ça…