Lyon: Nouvelle grève en vue au lycée Tony-Garnier en soutien à une prof «harcelée»

EDUCATION Ses collègues réclament toujours que les actes dont elle aurait été victime donnent lieu à des sanctions...

Elisa Frisullo

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Illustration d'une classe de lycée.
Illustration d'une classe de lycée. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Plusieurs cours devraient de nouveau être annulés mardi au lycée Tony-Garnier de Bron. Les enseignants de cet établissement professionnel ont déposé un préavis pour ce 26 mai en soutien à l’une de leurs collègues, victime, selon eux, de harcèlement raciste et antisémite de la part de certains élèves.

A deux reprises déjà, ces professeurs ont cessé le travail au cours du mois de mai pour obtenir du proviseur du lycée l’organisation de conseils de discipline à l’encontre des adolescents concernés.

Du « ressenti » selon le proviseur

Des rencontres ont également été organisées au rectorat de Lyon pour tenter de sortir du conflit. En vain.

« Le rectorat doit reconnaître que les actes subis par la collègue relèvent du harcèlement raciste et antisémite et qu’en conséquence une mesure de réparation doit être proposée », indique la CGT Education, aux côtés des enseignants de Tony-Garnier dans cette affaire.

Des remarques répétées liées à la religion et à son origine

Depuis le mois de janvier, cette enseignante contractuelle d’origine algérienne, aurait fait l’objet de propos et remarques plus que déplacées. Des élèves lui auraient ainsi demandé de manière répétée si elle buvait du vin, mangeait du saucisson, parlait hébreu, si elle était musulmane ou quelle était son origine.

Des caricatures représentant l’enseignante criblée de balles auraient également été réalisées par des élèves, selon le syndicat. En réponse à ces faits, le proviseur du lycée, considérant les propos tenus comme « déplacés » et non racistes ou antisémites, avait puni les élèves concernés en leur délivrant un avertissement.

Du « ressenti » selon le proviseur

Puis les faits se seraient répétés, sans que d’autres sanctions ne soient prises. Le responsable de l’établissement, interrogé par 20 Minutes au début du conflit, avait alors expliqué que ces nouvelles remarques relevaient du « ressenti » de la professeur et ne pouvaient donner lieu à la convocation de conseils de discipline. Il avait toutefois assuré qu’il était prêt à accompagner cette contractuelle si elle souhaitait porter plainte pour ces agissements.

La Licra, interpellée par cette affaire, aurait également adressé un courrier à la rectrice de l’académie de Lyon pour attester de la réalité du harcèlement raciste et aurait demandé la mise en œuvre de mesures de réparation, selon les enseignants. La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a également été saisie du problème, sans que cela ne permette encore d’apaiser les tensions entre l’équipe enseignante et leur hiérarchie.