Lyon: Les salariés des TCL veulent exprimer leur «ras le bol» selon les syndicats

SOCIAL Ils sont appelés à la grève vendredi pour réclamer de meilleures conditions de travail, de très fortes perturbations sont prévues...

Elisa Frisullo

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A Lyon, plusieurs candidats à la mairie de Lyon proposent de cérer une nouvelle ligne de métro pour améliorer le réseau TCL.
A Lyon, plusieurs candidats à la mairie de Lyon proposent de cérer une nouvelle ligne de métro pour améliorer le réseau TCL. — E. Riberry / 20 minutes

Après des années de tensions sociales aux TCL, marquées par des grèves à répétition, la situation semblait s’être apaisée entre la direction de Keolis Lyon et les salariés. Mais il ne s’agirait que d’un calme de façade à en croire les syndicats Ugict CGT-TCL et FO TCL, qui appellent les salariés des transports en commun lyonnais à débrayer ce vendredi.

« Les employés commencent à en avoir ras le bol. Le réseau lyonnais est une vitrine de Keolis à l’international. On aimerait qu’au niveau social, ce soit la même chose et on en est loin », souligne Stéphane Noël, secrétaire chez FO TCL. Parmi les griefs pointés du doigt par les syndicats, la non-revalorisation des salaires. « On a fait quatre réunions dans le cadre des négociations annuelles pour obtenir 0 % d’augmentation », déplore le syndicaliste. « Alors que Keolis Lyon continue de faire remonter de l’argent au groupe, que ce dernier profite un maximum de la vitrine lyonnaise, remportant contrats sur contrats, à l’international et engrange des bénéfices, les traminots lyonnais doivent-ils se contenter de rien ? », ajoute la CGT, qui réclame également une amélioration des conditions de travail.

Négociations autour de l’organisation du temps de travail

Sur ce second point d’achoppement, les syndicats espéraient voir la situation s’améliorer, Keolis Lyon ayant été condamné en septembre 2014 par la Cour d’appel de Lyon à revoir sa copie en matière d’organisation du temps de travail. Depuis, syndicats et direction se sont mis autour de la table pour négocier et un projet d’accord doit être présenté en juin aux organisations syndicales. « Mais il n’y a pas d’avancées, l’accord ne va satisfaire personne et on va encore assister à une décision unilatérale », ajoute Stéphane Noël. Les conducteurs attendent par exemple une diminution du temps de travail journalier, qui peut aujourd’hui amener certains salariés à conduire jusqu’à 8 h 45 par jour. « On sait bien et tous les médecins le disent qu’au-delà de 7 h 30, c’est très dangereux », ajoute FO.

« Une quinzaine de réunions a été organisée pour trouver des solutions qui conviennent à tous les salariés », indique ce mercredi Keolis Lyon, conscient toutefois de la déception des salariés liée à l’absence de revalorisation salariale. « Mais il n’y a pas eu d’évolution de l’inflation et Keolis Lyon a enregistré un résultat économique négatif en 2014. On subit la crise. Alors nous avons pris la difficile décision de porter les négociations à 0 %. On n’augmente pas les salaires, mais on ne licencie pas », ajoute l’exploitant du réseau de transports en commun lyonnais.

D’importantes perturbations

La grogne des employés TCL devrait donner lieu, vendredi, à d’importantes perturbations. Keolis a indiqué ce mercredi que le réseau ne fonctionnerait que de 6 h 30 à 19 h30. Dans le métro, la ligne A ne circulera pas, la ligne B fonctionnera de 6h30 à 9h30 puis de 16h30 à 19h30, les deux autres lignes assureront le service entre 6 h 30 et 19h 30. Côté tram, le T2 roulera uniquement entre Grange-Blanche et Porte des Alpes et le T5 ne fonctionnera pas. Une dizaine de lignes de bus ne circuleront pas de la journée.