Top 14: Oyonnax veut «bouleverser l'ordre établi par les budgets»

RUGBY Avant le derby face au LOU vendredi, le président de l’USO (5e) Thierry Emin confie à « 20 Minutes » son souhait de disputer les phases finales avec le 13e budget du Top 14…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Oyonnax a notamment signé un superbe exploit en l'emportant à Clermont (10-11) le 11 avril.
Oyonnax a notamment signé un superbe exploit en l'emportant à Clermont (10-11) le 11 avril. — THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Avec moins de 25.000 habitants et moins de 15 millions d’euros de budget, Oyonnax (5e du Top 14) fait partie des plus belles aventures du sport collectif français cette saison. Avant de recevoir vendredi (20h45) le voisin lyonnais, qui va retrouver la Pro D2 avec un budget supérieur, le président de l’USO Thierry Emin confie ses ambitions à 20 Minutes.

Quel est le secret d’Oyonnax pour ainsi tenir tête aux cadors du championnat ?

Nous avons, à l’image de notre ville, un socle principal qui est le travail. Nous faisons aussi preuve de solidarité et d’humilité.

Auriez-vous pu imaginer, lors de votre accession en Top 14 en 2013, lutter deux ans plus tard pour les phases finales de Top 14 ?

Je vous mentirais en disant que oui. Après un maintien à la dernière journée l’an passé, personne ne s’attendait à une saison aussi fabuleuse de notre part, et nous non plus. On a su créer une identité et on a permis à Oyonnax d’être localisé sur une carte.

Quand avez-vous senti que cette équipe pouvait viser plus que le maintien cette saison ?

Tout s’est déclenché en gagnant à Clermont le 11 avril (10-11). Le maintien était alors quasiment assuré et on s’est forcément pris au jeu. Aujourd’hui, on a envie d’être dans les six premiers et nous serions déçus de ne pas participer aux phases finales.

Êtes-vous fier de prouver qu’en rugby aussi, le 13e budget de l’élite peut prétendre aux six premières places ?

Oui, l’idée est de bouleverser l’ordre établi par les budgets. Avec 14,1 millions d’euros [un peu plus que Brive], nous sommes très loin de Toulouse [35 millions d’euros]. C’est possible de le faire mais le plus dur est de durer. Il faut se structurer sans brûler les étapes. Cette saison, comme nous l’avons prouvé en gagnant à Clermont, mais aussi au Racing-Métro et au Stade Français, tout peut arriver d’ici la fin du championnat.

Y compris voir Oyonnax sacré champion de France le 15 juin ?

Non, je ne pense jamais à ça. Comme je vous l’ai dit, nous faisons toujours preuve d’humilité. Si ces grosses équipes sont « en mode phase finale », ce n’est plus accessible pour nous.

Quand vous lisez dans L’Equipe le président du Racing-Métro (6e) Jacky Lorenzetti déclarer « Voir Oyonnax devant nous, ça me file des boutons », pensez-vous que votre club dérange ?

Il est élogieux envers nous dans cette interview. Ce sont plutôt certaines prestations de son équipe qui lui filent des boutons. On a acquis un capital sympathie depuis notre accession en Top 14. Mais là, c’est vrai qu’on gêne un peu puisqu’on peut prendre la place d’une grosse équipe pour les phases finales.

Comment abordez-vous ce derby de vendredi (20h45) face au LOU, qui va retourner en Pro D2 ?

Je suis très peiné que le LOU descende. Nous sommes assez proches des dirigeants lyonnais. On ne cherche pas la suprématie régionale mais une région forte de rugby. Même si la mayonnaise n’a pas pris à Lyon, j’ai beaucoup de craintes pour ce match. Le stade sera en fusion pour la dernière sur le banc de Christophe Urios [qui s’est engagé avec Castres]. Il a passé huit ans chez nous et on lui doit beaucoup.