Pro A: «Je prétends à autre chose», confie le meneur de jeu de l'Asvel Arthur Rozenfeld

BASKET En lice pour le trophée du meilleur jeune de Pro A qui sera remis dimanche, l'arrière villeurbannais de 20 ans explique à «20 Minutes» qu'il se verrait bien briguer plus de temps de jeu dans un club de Pro B...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Arthur Rozenfeld a parcouru du chemin depuis 2013, ici face à la SIG d'Aymeric Jeanneau, mais il est toujours considéré comme le troisième meneur de l'Asvel.
Arthur Rozenfeld a parcouru du chemin depuis 2013, ici face à la SIG d'Aymeric Jeanneau, mais il est toujours considéré comme le troisième meneur de l'Asvel. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Il a suivi le revers villeurbannais (92-76) depuis le banc mardi soir au Mans. A 20 ans, Arthur Rozenfeld (1,78m) est encore en plein apprentissage dans une équipe (6e) qui jouera sa place en play-offs samedi (18h30) à l’Astroballe face à Paris-Levallois (10e), lors de l’ultime journée de la saison régulière. Le meneur de jeu se confie à 20 Minutes, notamment sur la soirée des trophées LNB dimanche, pour laquelle il est nominé dans la catégorie du meilleur jeune de Pro A.

Comment analysez-vous la lourde défaite concédée au Mans ?

On a un peu déjoué. On se rend vraiment compte qu’on s’est mis une balle dans le pied. En gagnant au Mans, on aurait pu viser la quatrième place pour les play-offs. Là, on se rend compte que nous sommes dos au mur, et que nous pourrions ne plus finir dans les huit qualifiés.

Autant dire que vous aurez une sacrée pression samedi (18h30) face à Paris-Levallois, et ce devant votre président Tony Parker…

Oui mais on aura envie de bien faire devant lui. Ne pas nous qualifier pour les play-offs serait une grosse déception au vu de l’équipe que nous avons sur le papier et du niveau de jeu proposé à certains matchs.

Êtes-vous surpris de faire partie des trois nominés pour le titre de meilleur jeune de Pro A, étant donné votre faible temps de jeu (5 minutes de moyenne en seulement 11 apparitions) ?

Je ne pensais pas vraiment à ce genre de distinction personnelle. Ça fait forcément plaisir. J’essaie de faire de mon mieux, de gagner des minutes et de progresser. Cette nomination (face à Axel Bouteille de Chalon et Petr Cornelie du Mans) est du bonus.

Espériez-vous, à désormais 20 ans et avec un contrat stagiaire, voir votre carrière davantage décoller à l’Asvel ?

Je me suis malheureusement blessé au mollet en début de saison, quand j’aurais pu avoir du temps de jeu. L’Asvel est un gros club. J’ai devant moi au poste de meneur Trenton Meacham et Yohann Sangaré. Il n’y a que des matchs couperet en vue des play-offs et c’est compliqué de lancer un jeune.

Nordine Ghrib l’a un peu fait durant son intérim, notamment contre Châlons-Reims en novembre (2 points en 6 minutes)…

Oui, Nordine a osé le faire. Il me connaît bien et il sait que je ne réfléchis pas et que je fonce. JD Jackson est arrivé comme entraîneur en cours de saison. Il est un peu dans l’urgence et je comprends qu’il parle surtout à ses joueurs cadres.

Voudriez-vous tenter votre chance ailleurs ?

Oui, cela fait cinq saisons que je joue surtout dans la catégorie espoirs (16 points et 4 passes en moyenne en 2014-2015) et je prétends à autre chose. Ma progression passe par du temps de jeu dans un plus petit club. J’ai eu une possibilité en Pro B à Antibes l’été dernier mais l’Asvel a décidé de me garder. En tout cas, le championnat espoirs ne m’intéresse plus trop. C’était déjà un peu une année de trop là.

Estimez-vous que les clubs de Pro A sont globalement trop frileux avec leurs jeunes joueurs ?

Oui, je ne sais pas à quoi cela est dû. L’Espagne, la Croatie ou la Serbie font notamment confiance aux jeunes, à l’image du Partizan Belgrade qui est une référence en Europe. C’est différent en Pro A, qui est un championnat très dur, avec beaucoup de contacts. Pour des jeunes comme moi, la Pro B serait un tremplin et beaucoup s’y révèlent.

En attendant de peut-être vous qualifier pour ceux de Pro A, suivez-vous les play-offs NBA ?

Oui, j’aime surtout regarder les play-offs en NBA car la saison régulière est trop longue. J’adore notamment Stephen Curry et son jeu libéré, sans se poser de questions.