Rhône: Vers un classement des usines Renault Trucks en site amiante

JUSTICE Le tribunal administratif de Lyon est allé à l'encontre de la décision du gouvernement concernant le site de Vénissieux...

C.G.

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Illustration des usines Renault Trucks dans le Rhône.
Illustration des usines Renault Trucks dans le Rhône. — Philippe desmazes/AFP

Le tribunal administratif de Lyon vient d'ouvrir la voie au classement de l'usine de Renault Trucks (ex-RVI) à Vénissieux en site amiante. Chose qu'avait pourtant refusé de faire en 2013, le Ministre du Travail de l'époque, Michel Sapin.

Suivant l'avis du rapporteur public, le tribunal a demandé que l'établissement soit désormais inscrit sur la liste des usines amiantées, ce qui permettrait aux salariés ayant travaillé à Vénissieux de 1964 à 1996 de partir à la retraite dès 50 ans, avec une prise en charge de leurs frais médicaux en cas de maladie.

«La partie n'est pas encore gagnée»

Selon des documents fournis par les ressources humaines de RVI versés au dossier, sur la période 1971-1996, près de 14% des salariés ont travaillé directement au contact de l'amiante.

«On ne savait pas à l'époque, On ne connaissait pas les risques, confiait à 20 Minutes en mars dernier Bernard Argaud, l'un des deux salariés à l'origine de la procédure. On se contentait de travailler comme des bons petits soldats. On manipulait l'amiante à main nue.»

La demande concernant le site de Saint-Priest rejetée

«Ce jugement est une étape importante et favorable mais la partie n'est pas encore totalement gagnée», a réagi Jean-Paul Carret, secrétaire de l'APER, Association Prévenir et Réparer qui recense entre «15 et 20 décès» liés à l'amiante ces dernières années.

Le tribunal a en revanche rejeté la demande d'un troisième plaignant, qui réclamait le classement du site Renault Trucks de Saint-Priest. L'APER a d'ailleurs indiqué qu'elle pourrait faire appel de cette décision.