Bron: La grève continue au lycée Tony-Garnier pour soutenir une prof victime de «harcèlement»

EDUCATION Ses collègues ont interpellé Najat Vallaud-Belkacem sur la situation de cette enseignante, cible, selon eux, de propos racistes et antisémites...

Elisa Frisullo

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Le 23 mai 2013, illustration dans la classe d'un lycée.lycée.
Le 23 mai 2013, illustration dans la classe d'un lycée.lycée. — P.-M. TALBOT / 20 MINUTES

Le litige, qui depuis quelques jours oppose les enseignants du lycée professionnel Tony-Garnier de Bron à leur proviseur, semble s'être enlisé. Les professeurs sont entrés ce lundi dans leur quatrième jour de grève, entamée la semaine passée pour soutenir l'une de leurs collègues qu'ils estiment victime de harcèlement raciste et antisémite de la part de certains élèves et dénoncer le manque de soutien de leur proviseur.

Pas de conseils de discipline

Depuis le mois de janvier, cette professeur d'origine algérienne, contractuelle au sein de cet établissement, aurait été la cible de remarques liées à ses origines et à sa religion supposée. «Les rapports écrits et circonstanciés se sont accumulés: propos déplacés, xénophobes et antisémites, provocations sexistes, slogans nationalistes, caricatures à caractères racistes», dénoncent les enseignants, soutenus par la Cgt Education, dans une lettre ouverte adressée à la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem. Une missive destinée à obtenir des autorités la mise en place de conseils de discipline pour les élèves concernés, refusés jusqu'alors par le proviseur du lycée.

Des propos déplacés selon le proviseur

Contacté par 20 minutes la semaine dernière, ce dernier, considérant les propos tenus comme «déplacés» et non racistes ou antisémites, avait indiqué que les élèves concernés avaient écopé d'avertissements en février. Pour des faits plus récents signalés par l'enseignante, le responsable avait alors expliqué qu'il s'agissait du «ressenti» de la professeur, ne pouvant donner lieu à la convocation de conseils de discipline. Il avait toutefois assuré qu'il était prêt à accompagner cette contractuelle si elle souhaitait porter plainte pour ces agissements. 

«Le proviseur demande à notre collègue de porter plainte, préférant ainsi mettre les élèves face à la justice plutôt qu'utiliser une mesure éducative prévue par le règlement intérieur de l'établissement. Nous ne pouvons l'accepter. C'est une démission de notre proviseur, face à une responsabilité qui relève de son autorité et de son devoir», ajoutent les grévistes, qui ont été reçus au rectorat mercredi dernier, sans qu'aucune issue favorable au conflit ne soit trouvée.

«Alors que la lutte contre le racisme et l'antisémitisme est proclamée grande cause nationale, comment accepter que notre hiérarchie cherche à décrédibiliser la parole de la victime au lieu de prendre ses responsabilités et de soutenir ceux qui sont en première ligne dans ce combat ?», ajoutent-ils dans la lettre, réclamant pour l'enseignante concernée «la reconnaissance qu'elle est en droit d'attendre».