Villefontaine: Les parents regrettent qu'«il n'y ait pas de responsable»

PEDOPHILIE Les ministres de la Justice et de l'Education nationale ont présenté lundi les conclusions de l'enquête administrative...

Caroline Girardon
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Les parents des victimes devant le collège Aragon de Villefontaine, où se sont rendues les ministres de la Justice et de l'Education nationale le 4 mai 2015.
Les parents des victimes devant le collège Aragon de Villefontaine, où se sont rendues les ministres de la Justice et de l'Education nationale le 4 mai 2015. — C.Girardon/20 Minutes

«Il n'y a pas de coupable.» La voix est chevrotante, les yeux embués. Le ton est à la hauteur de sa déception. Elisabeth, parent délégué de l'école du Ruisseau, à Villefontaine (Isère), parvient difficilement à contenir son émotion car la jeune maman était surtout venue chercher des réponses.

Qui a permis que l'instituteur pourtant condamné en 2008 pour détention d'image pédopornographiques, puisse continuer à exercer son métier? Le mystère n'est pas encore totalement éclairci alors que 55 signalements pour pédophilie ont été signalés auprès de la justice depuis la fin du mois de mars.

Viols sur des enfants mineurs : un directeur très militant

Lundi en début d'après-midi, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale et Christiane Taubira, garde des sceaux se sont rendues dans cette ville située près de Grenoble afin de présenter les conclusions de l'enquête administrative menée après le drame du mois de mars. Un rapport d'étape avant la version définitive qui doit être remise fin juin.

«On attendait des excuses, on ne nous en a pas présenté, lâche Yasmina, porte-parole d'un collectif de parents. Ils n'en sont pas là encore. En revanche, ils reconnaissent qu'il y a eu des fautes.» Un minimum pour certains parents de victimes qui, au départ, n'avaient pas été conviés, le rendez-vous étant initialement réservé aux seuls porte-paroles des collectifs. Il a fallu que certains sollicitent l'inspection académique pour recevoir des convocations les autorisant à assister à la réunion. 

Un projet de loi sera présenté en juin

A la sortie du rendez-vous, peu de langues se délient. Les participants ayant été enjoints à «garder le silence devant la presse» par les deux ministres. «Elles disent qu'il y a un dysfonctionnement, mais on ne sait pas vraiment où, poursuit Elisabeth. Je pense qu'il y a de bonnes avancées, mais on aurait aimé avoir plus de réponses sur les responsables. Qui a permis que ce monsieur soit devant nos enfants? On ne sait pas.»

«On voit qu'elles sont impliquées et attentives à ce que l'on dit, mais je reste insatisfaite par les réponses apportées, enchaîne Yasmina à propos de Najat Vallaud-Belkacem et de Christiane Taubira. Car tous les enfants ne seront pas interrogés dans l'enquête. C'est lamentable. On devrait pousser l'enquête à toutes les écoles touchées. Ma fille n'était pas dans la classe du directeur, mais elle faisait l'activité piscine avec lui. Forcément, je me sens concernée. On s'imagine plein de choses...»

Les petits en parlaient à la récréation

«Je reste en colère», lâche Nidal, papa d'une petite victime avant de nuancer. «Elles ne se sont pas défilées, elles prennent le problème à bras-le-corps et ont exprimé des regrets. Après des excuses, clairement non. Même si cela va dans le bon sens, je ne suis pas soulagé pour autant.»