Ligue 1: «Il se pourrait qu'on pratique les arts martiaux», lance Pascal Dupraz

FOOTBALL Sous tension en raison de la position de relégable de l'Evian-TG (18e), l'entraîneur haut-savoyard se projette avec son humour si particulier sur la préparation de la semaine prochaine avant la réception capitale de Reims... 

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Pascal Dupraz ne digère pas le premier but encaissé à Lyon samedi, sur un coup franc de Clément Grenier.
Pascal Dupraz ne digère pas le premier but encaissé à Lyon samedi, sur un coup franc de Clément Grenier. — FRED TANNEAU / AFP

Il se passe toujours quelque chose lors d'une conférence de presse de Pascal Dupraz. Battu (2-0) samedi par l'OL, l'entraîneur haut-savoyard est apparu très agacé sur de nombreux sujets. Cinq ans après Knysna, il pourrait désormais être question d'une chasse à la taupe dans le vestiaire de l'Evian-TG, toujours relégable (18e).

Avez-vous des regrets suite à ce revers logique chez une des équipes de tête de la Ligue 1?

Oui, je ne peux pas digérer le premier but encaissé au bout de vingt minutes. Une passe de Fekir qui finit au fond des filets (un coup franc de Grenier en fait), ça rend vos chances plus ténues. On aurait aussi dû scorer ensuite. Mais malheureusement, à chaque fois, on a pris le but pour un flic (sic). On s'échappe, comme à chaque fois qu'il y a la police ou la gendarmerie. C'est toute la différence entre notre équipe et les Lyonnais, qui ont marqué leurs cinq buts contre nous (défaite 2-3 à l'aller) cette saison sur des coups de pied arrêtés.

Quel est désormais votre état d'esprit?

Il reste neuf points à prendre et on doit bien reconnaître qu'on va attendre avec un peu de fébrilité les résultats de nos concurrents directs ce soir (l'ETG ne compte toujours qu'un point de retard sur Reims mais désormais deux sur Lorient et Caen, ndlr). On va faire front et on va donner du fil à retordre à nos adversaires. La situation délicate est de notre faute donc de la mienne mais elle résulte aussi de beaucoup de faits de jeu. Nous sommes l'équipe ayant subi le plus d'erreurs d'arbitrage. On devrait déjà avoir 45 points aujourd'hui (contre 37 en réalité).

Quel message allez-vous faire passer à vos joueurs d'ici la fin du championnat?

On a 21 jours pour conserver l'espoir. Le football est un métier merveilleux et quand on joue en Ligue 1, on laisse sa peau pour y rester. C'est ce que j'espère de mes joueurs.

Comment voyez-vous la réception de Reims (17e) la semaine prochaine?

Il faut essayer de faire en sorte de faire mentir Reims, où le public chante à chaque fois qu'on y va «Evian en Ligue 2». Notre public ne va pas crier «Reims en Ligue 2» car nous sommes bien éduqués et nous voyons le football d'une manière différente.

Double buteur à l'aller contre l'OL, Cédric Barbosa semblait sur le retour pour ce match...

Non, Barbosa était dans le groupe de vingt joueurs mais il n'était pas prévu comme titulaire. Dans notre vestiaire, il y a des secrets qui ne doivent pas percer et il y a des personnes qui vous mentent. Personnellement, j'ai pris le principe de ma mère: «Moins je mens et plus je me souviens de ce que je dis.»

De même, nous ne nous sommes pas entourés d'un préparateur mental comme j'ai pu le lire dans la presse mais d'un coach sportif. Comme d'habitude chez nous, on va s'adonner à d'autres activités que le football la semaine prochaine. Il se pourrait qu'on pratique les arts martiaux. J'aimerais que certaines discussions de vestiaire restent dans le vestiaire. C'est un code que tous les footballeurs ont depuis longtemps et certains semblent l'avoir oublié...