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Lyon: Cenntro Motors fixé jeudi sur sa demande de placement en redressement judiciaire

SOCIALDix mois après sa reprise de l'usine SITL et de ses 400 salariés, le groupe veut se déclarer en cessation de paiement...
L'ex usine SITL (ex FagorBrandt), repise en juin 2014 par Cenntro Motor.
L'ex usine SITL (ex FagorBrandt), repise en juin 2014 par Cenntro Motor. - E. Riberry / 20 Minutes
Elisa Frisullo

Elisa Frisullo

Dix mois après l'espoir suscité par la reprise de leur usine par le groupe Cenntro Motors, les salariés de Gerland, soumis depuis 2011 à des années de galère, se retrouvent dans l'incertitude la plus totale. Ce jeudi, le tribunal de commerce de Lyon doit en effet se pencher sur la demande de placement en redressement judiciaire du groupe Cenntro Motors France, repreneur en juin 2014 de la société de fabrication de voitures électriques et filtres à eau SITL (ex-Fagorbrandt).

Cessation de paiement

Le groupe, qui par l'intermédiaire de son actionnaire, a injecté 7,5 millions d'euros pour relancer l'activité, s'était alors engagé à reprendre les 395 salariés, et d'en conserver 300 sur cinq ans. Mais «le groupe a dû faire face à de très nombreuses difficultés pour mettre en œuvre plan de reprise» et «le redémarrage de la production au sein de l'usine dans le délai escompté de 6 mois sur les activités Véhicules Electriques et Filtres, s'est avéré difficile à tenir surtout depuis le début de l'année 2015», avait indiqué le 23 avril la direction de Cenntro Motors France dans un communiqué. La société avait alors annoncé son intention de se déclarer en cessation de paiement et de «redimensionner» l'entreprise.

La majorité des salariés au chômage partiel

Des déclarations, qui chez les salariés, font craindre un plan de licenciement. «Les personnels, qui pour bon nombre d'entre eux sont au chômage partiel ou total depuis dix-huit mois, en ont marre. Nous gardons toujours un petit espoir mais nous n'avons aucune idée de ce que la direction veut faire, si elle souhaite rester à Lyon, indique à 20 minutes la CGT Cenntro Motors.

Dès le mois de novembre, le syndicat a alerté la région Rhône-Alpes sur la situation inquiétante de l'usine. «La production n'a jamais repris depuis 2014. Il y avait toujours des problèmes techniques selon la direction. Pendant trois quatre mois, 120 salariés ont travaillé, mais aujourd'hui, une soixantaine est à l'usine, et encore pas tous les jours», indique le syndicat qui demande à Cenntro Motors de tenir ses engagements. A savoir que tous les emplois soient maintenus et que tout soit mis en œuvre pour relancer les activités.

La CGT demande aussi que les 7,5 millions d'euros supplémentaires qui devaient être investis le soient dès maintenant pour permettre le versement des salaires du mois d'avril. Au total, le groupe s'était engagé à injecter 30 millions d'euros dans l'usine du 7e arrondissement.

La société SITL avait été créée en avril 2011 par l'industriel Pierre Millet. Il avait racheté le site à FagorBrandt en projetant de passer progressivement de la production de machines à laver à la fabrication de voitures utilitaires électriques. Mais la faillite de FagorBrandt, groupe pour lequel SITL restait sous-traitant, avait précipité en 2014 la mise en redressement judiciaire de l'usine de Gerland.

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