Lyon: Un policier écope d'une amende pour incitation à la discrimination

JUSTICE Le fonctionnaire, qui encourait de la prison, avait tenu des propos très controversés sur Facebook liés au terrorisme islamiste...

20 Minutes avec AFP
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Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Le nouveau palais de justice de Lyon, le 14 juin 2011. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Il apprendra désormais à tenir sa langue sur les réseaux sociaux... Un policier de 43 ans a été condamné ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon à une amende de 5.000 euros pour «provocation à la discrimination raciale et religieuse», après des propos controversés sur Facebook en réaction au terrorisme islamiste.

Le fonctionnaire, contre lequel huit mois d'emprisonnement dont cinq fermes et une interdiction d'exercer avaient été requis lors de l'audience par le procureur, verra également sa condamnation inscrite sur son casier judiciaire.

En septembre 2014, le policier, en poste dans un commissariat lyonnais, avait commencé par réagir violemment à la décapitation du Français Hervé Gourdel, enlevé puis assassiné par des jihadistes algériens, sur une page Facebook qu'il a créée.

Des propos très virulents

D'un lieu d'échanges informel, le forum virtuel s'est mué en réceptacle de propos et de photos très controversés en réaction principalement au terrorisme islamiste, comme le slogan: «Non à l'islamisation de la France» avec une photo de Marianne bâillonnée, l'expression «cibles à abattre» ou encore une photo d'un terroriste légendée «un barbu-une balle». Le dérapage s'était poursuivi notamment avec une «plaisanterie» du policier écrivant: «J'ai roulé sur quelque chose, j'espère que ce n'est pas un musulman».

Parmi les 1.300 amis de la page, une policière avait prévenu l'un de ses supérieurs de ces propos et une enquête avait été menée sous l'autorité de la direction départementale de la Sécurité publique qui a saisi le tribunal. A l'audience, le prévenu, déjà connu de la justice pour des faits de violences, avait reconnu avoir «été maladroit» tout en se défendant de tout «amalgame».

La page Facebook polémique a depuis été supprimée et une procédure disciplinaire à l'encontre du policier est en cours.