Fin de vie: 86% des Français favorables à l'euthanasie

INFO «20 MINUTES» C'est le résultat d'une étude réalisée par l'IFOP pour l'ADMD, association pour le droit de mourir dans la dignité...

Caroline Girardon
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Un patient en fin de vie dans une chambre d'hôpital, illustration.
Un patient en fin de vie dans une chambre d'hôpital, illustration. — FREDERICK FLORIN / AFP

Que pensent réellement les Français de la loi Leonetti ? Et surtout aimeraient-ils qu'elle change? Selon un sondage réalisé par l'IFOP pour l'ADMD, association pour le droit de mourir dans la dignité, 90% d'entre eux se prononcent clairement en faveur d'une évolution de cette loi, qui fête ce mercredi 22 avril ses 10 ans. 

«Les questions de la fin de vie sont souvent associées aux grands débats qui fracturent la société comme le mariage pour tous. Or les résultats de sondage indiquent le contraire, analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint d'Ifop. On y voit une opinion homogène et massive.»

86% pour l'euthanasie active

Lors de sa campagne présidentielle, François Hollande avait promis des changements concernant la fin de vie. Le nouveau texte adopté en mars par l'Assemblée nationale n'autorise cependant ni l'euthanasie, ni le suicide assisté bien qu'il permette un droit à «la sédation profonde et continue». Autrement dit, le droit d'être endormi plutôt que de mourir.

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L'étude montre également que les citoyens attendaient bien plus de ce que propose le gouvernement actuel. 86% des sondés indiquent qu'ils aimeraient voir figurer l'euthanasie active dans la nouvelle proposition de loi. Et 80% sont favorables à une possibilité de suicide assisté.

Elus et instances religieuses ne tiennent pas à être associés à la loi

«Il y a un vrai clivage, un décalage très fort entre ce que propose le législateur et ce que pensent les citoyens, poursuit Frédéric Dabi. Cette nouvelle loi ne les satisfait pas. 90% d'entre eux précisent notamment qu'ils auraient aimé que François Hollande tienne sa promesse de campagne [d'autoriser l'euthanasie].»

Que pourrait changer la nouvelle loi sur le choix des patients?

Enfin dernier enseignement de ce sondage : la «césure» entre les citoyens et les associations d'un côté et les élus et les instances religieuses de l'autre. 91% des «citoyens eux-mêmes» (dont 52% très favorables à l'idée) précisent qu'ils aimeraient «intervenir dans la conception d'une nouvelle loi» ainsi que 89% des associations de patients et 87% des médecins (quelle que soit leur opinion sur l'euthanasie).

A l'inverse, à peine plus d'un élu sur deux (53%) répond favorablement à la question et 33% des instances religieuses seulement trouvent «justifié d'être associé à la conception d'une loi réglementant les questions touchant à la fin de vie».

Sondage réalisé par téléphone du 31 mars au 3 avril auprès d'un échantillon de 1002 personnes représentatif de la population française selon la méthode des quotas.