Rhône: Le troc de nuits entre particuliers, créé par un Lyonnais, séduit dans le monde entier

VOYAGES La toute jeune start-up NightSwapping compte déjà 60.000 membres de 130 pays...

Elisa Frisullo

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Serge Duriavig, créateur Lyonnais de la plateforme de troc de nuits entre particuliers, baptisée Nightswapping.
Serge Duriavig, créateur Lyonnais de la plateforme de troc de nuits entre particuliers, baptisée Nightswapping. — Nightswapping

Héberger gratuitement un touriste de passage dans votre ville et gagner des nuits pour séjourner à l'œil chez un particulier... Voilà le concept qu'a développé depuis Lyon, Serge Duriavig, créateur en décembre 2013 de la première plateforme de troc de nuits entre particuliers baptisée NightSwapping.

Cet ancien prof de sport et responsable de centre aéré, co-fondateur de Smart Box, a eu cette idée en pratiquant l'échange de maisons. «Mais je trouvais cela compliqué. Les outils mis à disposition étaient obsolètes et il y avait plein de contraintes pour les particuliers», raconte ce Grenoblois, Lyonnais d'adoption, soucieux d'inventer un nouveau marché.

Des nuits à gagner

Il s'inspire alors des tendances existantes (Airbnb, couchsurfing, échange de maisons...) pour proposer le troc de logements, où la monnaie d'échange entre les membres de la communauté est virtuelle. «En hébergeant des personnes, vous gagnez des nuits qui vous permettent d'aller ensuite loger chez d'autres adeptes du NightSwapping», ajoute le PDG de 39 ans.

Les membres peuvent aussi gagner des nuits en parrainant des amis ou en rendant des services à la communauté (prise de photos des logements proposés..) L'inscription est gratuite. Pour valider le troc, les voyageurs n'ont qu'à débourser 9,9 euros de frais de réservation, fixes quelle que soit la destination ou la durée du séjour. Les personnes qui souhaitent voyager sans recevoir, peuvent également acheter des nuitées facturées 21 euros.

Une croissance fulgurante

«C'est un système sans contrainte. On peut héberger et voyager, seulement voyager, mettre à disposition une chambre pour y accueillir les gens ou laisser son logement à disposition», ajoute Serge Duriavig.

Une totale liberté qui a séduit Aesa, Lyonnaise de 28 ans, membre depuis peu de la communauté NightSwapping. «J'utilise régulièrement Airbnb pour me dépanner financièrement en sous louant mon studio. Ce qui me plaît dans ce nouveau concept, c'est qu'il n'y a plus ce rapport à l'argent. On héberge dans son studio en centre-ville et on peut gagner des nuits pour être hébergés à Barcelone, par exemple, dans une maison avec piscine. C'est génial», explique la jeune femme, qui a récemment séjourné dans le sud chez des membres de la communauté. «En juin, je vais laisser mon appartement à des Belges. Mais je compte les accueillir, leur présenter la ville...», ajoute Aesa.

Nouvelle levée de fonds en vue

En 18 mois, la star-up lyonnaise a attiré 60.000 membres répartis dans 130 pays et compte chaque mois 10.000 inscrits supplémentaires. L'entreprise vise le million de membres d'ici trois à quatre ans et l'équilibre financier dans les mêmes délais.

Pour lancer sa startup, Serge Duriavig a investi 500.000 eurso de fonds propres et a levé, en juillet dernier, deux millions d'euros. Il a prévu une nouvelle levée de fonds, fin 2015, pour financer le développement de sa jeune boîte, qui emploie 25 salariés à la Croix-Rousse et depuis peu à Paris.