Lyon: L'air moins pollué en 2014 en Rhône-Alpes

POLLUTION Cette amélioration s'explique avant tout par une météo favorable à la dispersion des polluants...

Elisa Frisullo

— 

Jeudi 12 mars 2015. Vue de Lyon durant un episode de pollution au particules fines. Credit:KONRAD K./SIPA
Jeudi 12 mars 2015. Vue de Lyon durant un episode de pollution au particules fines. Credit:KONRAD K./SIPA — SIPA

Des pics de pollutions moins nombreux, des seuils réglementaires davantage respectés. En 2014, l'air a été moins pollué dans la région selon le bilan présenté ce mardi par Air Rhône-Alpes.

«Pour une fois, nous avons une bonne nouvelle. Nous avons mieux respiré l'an passé», a souligné Marie-Blanche Personnaz directrice de l'association régionale, agréée pour le suivi et le contrôle de la qualité de l'air. L'an passé, la région a ainsi connu 53 pics de pollution, soit un tiers de moins qu'en 2013 et moitié moins pour l'agglomération lyonnaise.

Une météo favorable

Cette amélioration s'explique avant tout par les conditions météorologiques, favorables, avec notamment «un hiver doux, limitant les émissions de particules dues aux chauffages à bois défectueux et un été pluvieux et peu ensoleillé, limitant la formation d'ozone», ajoute Air Rhône-Alpes.

La Vallée de l'Arve, point noir de la région

Si la qualité de l'air s'est améliorée, des efforts restent à faire au niveau régional, les valeurs réglementaires européennes n'étant pas respectées partout. Pour les particules, les normes ont été dépassées dans la Vallée de l'Arve, gros point noir de la pollution, selon Air Rhône-Alpes, située «dans un coude», où les émissions peinent à se disperser. Sur cette zone, les deux tiers des rejets sont dus aux chauffages défectueux, un tiers aux transports.

Dans les agglomérations de Lyon, Grenoble, Saint-Etienne , le principal problème demeure le dioxyde d'azote, dont «la valeur limite annuelle a été franchie en bordure des grands axes de circulation», précise Marie-Blanche Personnaz. L'agglomération lyonnaise concentre 75% des dépassements d'émanations de dioxyde d'azote, dues essentiellement aux véhicules diesel.

La Drôme et l'Ardèche ont été davantage touchées par des rejets d'ozone supérieurs aux valeurs réglementaires. Ce polluant atteint des niveaux élevés l'été dans les zones ensoleillées.

Une baisse sur dix ans

Sur les dix dernières années toutefois, les émissions rhônalpines ont diminué. La baisse constatée pour les particules est de 37%, selon l'association, grâce aux efforts progressifs réalisés pour renouveler les chauffages à bois et au renouvellement du parc automobile, avec la généralisation des filtres à particules sur les véhicules neufs. Les procédés de dépollution et la fermeture de certains sites dans l'industrie ont également permis de diminuer ces émissions, selon Air Rhône-Alpes. Les rejets de dioxyde d'azote ont diminué sur la même période de 39%. Une baisse liée à la diminution des émissions des industries et du transport routier.

«On va vers du mieux, mais nous devons poursuivre les efforts», ajoute la directrice régionale, qui compte notamment sur les Plans de protection de l'atmosphère, révisés en 2014 dans trois agglomérations de la région, pour réduire de manière pérenne les émissions de polluants et limiter l'exposition des populations.