Lyon: Ils veulent révolutionner le doggy bag en France

TENDANCE La start-up TakeAway a signé une cinquantaine de partenariats avec des restaurants de la  région Rhône-Alpes et part à l'assaut du reste du marché français...

Caroline Girardon

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Victor Marostegan, Ludivine Vajou et Nicolas Duval, les fondateurs de la start-up TakeAway
Victor Marostegan, Ludivine Vajou et Nicolas Duval, les fondateurs de la start-up TakeAway — TakeAway

Aux Etats-Unis, ils cartonnent depuis 30 ans. Mais en France, ils ne font guère recette. Trois anciens étudiants de l'IFAG, école de management de Lyon ont décidé de réinventer le doggy bag, système d'emballage qui consiste à récupérer les restes de son repas au restaurant.

A leur sortie de leurs cursus, les trois jeunes gens, primés par les Lions de demain, concours organisé par le Medef de Lyon, ont créé leur start-up baptisée TakeAway. Une toute jeune société d'à peine un an. Avec une idée: «lutter contre le gaspillage alimentaire» en fournissant aux restaurants depuis le mois d'octobre des boîtes plus fonctionnelles que ce qui existe déjà.

Des boîtes étanches et transportables

«Aujourd'hui, la plupart des doggy bag se limitent à des barquettes en aluminium ou des sacs en papier kraft», observe Victor Marostegan, l'un des trois associés. Afin de séduire les restaurateurs et de faire changer le regard des gourmets, les trois jeunes gens ont misé sur l'esthétique et la pratique. Ils ont donc imaginé des boîtes en carton, étanches et transportables grâce à une petite poignée.

«Le produit est personnalisable. Les restaurateurs peuvent avoir des box aux couleurs de leur établissement. Ce qui leur permet d'offrir un service supplémentaire et de fidéliser leur clientèle», explique Victor Marostegan.

Des mentalités dures à changer

Parrainé par Jean-Paul Lacombe, chef de Léon de Lyon, et soutenu par l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), le trio a signé une cinquantaine de partenariats avec des restaurants de la région. L'objectif est maintenant de s'attaquer au marché français, soit «250 établissements avant l'été et 500 d'ici la fin de l'année.»

Mais les mentalités sont dures à changer. «On n'a pas encore vraiment mis en place le système car les gens ne réclament pas à emporter», témoigne un restaurateur, pourtant partenaire. «Pour nous, ça marche très fort, indique un bouchon lyonnais du Vieux-Lyon. Au plus fort de la saison, on peut distribuer une dizaine de boîtes par jour... mais uniquement auprès des clients étrangers. Les Français ont honte de demander les restes.»

230 grammes de nourriture jetés par personne

«C'est vrai que cette habitude n'est pas dans les mœurs, reconnaît Victor Marostegan. Il y a souvent des malentendus entre le consommateur et le restaurateur. Le client attend qu'on lui propose et de son côté, le restaurateur attend qu'on lui demande.»

Pour dissiper «le malentendu» et «lever les freins», la start-up a mis au point un système de signalétique. «L'idée est de proposer aux établissements des pastilles à coller dans les menus en face des plats qui peuvent être emportés, ou bien des vignettes et des pancartes à afficher à l'entrée afin d'indiquer que des doggy bag sont disponibles à l'intérieur du restaurant. Environ 230 grammes de nourriture sont jetés en moyenne par repas et par personne. Imaginez à la fin de la journée lorsqu'un restaurant fait 150 couverts. Il est temps de faire quelque chose», conclut Victor Marostegan.

Le gaspillage alimentaire en chiffres

Selon la Commission européenne, 14% des déchets alimentaires produits chaque année seraient générés par les restaurants, notamment à cause de l'absence de choix pour la taille des portions, des difficultés à anticiper la demande ou encore à cause de la faible possibilité pour les clients d'emporter leurs restes. 42% sont produits par les ménages.
Selon un sondage mené par la Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Rhône-Alpes (DRAAF), 75% des Français se disent prêts à utiliser un doggy bag.