Lyon: Les policiers municipaux en grève pour porter des armes à feu

SECURITE Le mouvement entamé le 23 mars, se poursuit toute la semaine...

Caroline Girardon

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Une patrouille de la police municipale de Villeurbanne le 31 janvier 2013. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES
Une patrouille de la police municipale de Villeurbanne le 31 janvier 2013. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

Leur revendication n'est pas nouvelle. Elle date même de plusieurs années. Mais le sentiment d'insécurité chez les policiers municipaux de Lyon ne cesse d'augmenter. Réclamant la possibilité d'être armés, les agents de Lyon ont entamé un mouvement de grève le 23 mars. Une action qu'ils entendent mener jusqu'à ce que le maire de Lyon accepte de les rencontrer.

«La question d'être armés a été relancée depuis les attentats du mois de janvier. Clarissa Jean-Philippe est décédée car elle a été prise pour cible alors qu'elle avait été appelée pour un accident de la route, explique Thierry Vernoux, vice-président du syndicat CFTC/Police Municipale. Aujourd'hui, il est de plus en plus compliqué d'intervenir de façon sereine sur le terrain. Le communautarisme grandit.»

«Identifiés comme des représentants de l'Etat»

«En face, les gens nous identifient comme des représentants de l'Etat, poursuit l'homme. La situation peut se retourner contre nous. Aurélie Fouquet (une policière municipale de 26 ans, tombait sous les balles d’un commando de braqueurs  à Villiers-sur-Marne) était également visée en tant que tel.»

«On ne peut pas nous demander d'aller dans les ZSP où les gens sont armés et protéger la population alors qu'on ne peut pas se protéger nous-mêmes» s'inquiète Thierry Vernoux. Selon le syndicat, 209 demandes individuelles d'armement sur les 335 policiers municipaux de la ville ont été adressées et transmises au maire Gérard Collomb, le 29 janvier dernier.

Villeurbanne fait le choix des armes

«Gérard Collomb a l'air très pris depuis qu'il est à la tête de la Métropole. Il serait pourtant bien qu'il consacre du temps à ses fonctionnaires», lance le représentant syndical. Mais l'élu fait la sourde oreille. Reçue vendredi par la direction de la police municipale et l'administration de la ville, la délégation d'agents est ressortie sans aucune réponse de cet entretien.

Une mission de proximité

Le maire de Lyon campe sur ses positions qu'il a réaffirmées lors du dernier conseil municipal. A défaut d'armer les policiers municipaux, il préférerait un renfort des forces de police nationale. «Les responsabilités et les missions doivent être claires : la collaboration entre la police Nationale et la Police Municipale est très satisfaisante. Instaurer l’armement reviendrait à modifier le contrat qui lie les policiers municipaux à la ville et qui dit précisément dans quelles conditions ils exercent leur métier, sans être armés», indiquait-il.

«La Police Municipale lyonnaise a avant tout une mission de proximité, de présence, en plus de la verbalisation. Sans oublier qu'elle s'est dotée d'un GOM, un groupe opérationnel mobile d'une quarantaine d'hommes, chargé de la sécurité de proximité,  De plus, les agents municipaux ne travaillent pas de nuit», rappelle la ville de Lyon précisant que l'«équipement des policiers municipaux a été renforcé» (nouveaux gilets par balle, matraque télescopique). «Disposer d’une arme n’est pas d’actualité», tranche-t-elle.