Lyon va voir la vie en rose

EVENEMENT La ville organise le premier festival mondial des roses...

Caroline Girardon

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L'une des roseraies du parc de la tête d'Or
L'une des roseraies du parc de la tête d'Or — Ville de Lyon

Elle aime rappeler qu'elle est une ville référence en la matière. S'autoproclamant «capitale mondiale» des roses, Lyon s'apprête à lancer le premier festival dédié à cette fleur. Les réjouissances débuteront ce week-end.

Pendant six mois, la ville prévoit plus de 460 animations: expositions, conférences, visites de serres, transformations de places publiques, en parallèle du congrès mondial des roses qui se déroulera du 25 mai au 1er juin.

«Comme la gastronomie, le cinéma ou la soierie, la rose fait partie de l'histoire de la ville, affirme Georges Képénékian, adjoint à la mairie en charge de la culture. 3.000 types de roses y ont été inventés au 19ème siècle. Ce qui représentait 15% de la production mondiale.»

Tout commence par Joséphine

L'histoire d'amour commence par l'impératrice Joséphine, qui va offrir au jardin botanique de Lyon, situé à l'époque sur les pentes de la Croix-Rousse, plusieurs roses rares, extraites de son jardin particulier. Elle va s'accélérer à partir des années 1820.

«Les jardiniers de départements limitrophes venaient travailler dans les grandes propriétés lyonnaises. Lyon était un foyer attirant les personnes qui avaient le sens de la culture, des créateurs comme Jacques Plantier», raconte Josiane Pierre-Bissey, présidente de la société des roses anciennes. Plantier mais aussi Jean-Baptiste Guillot fils ou Joseph Pernet-Ducher, surnommé le «magicien de Lyon» pour avoir été le premier à créer la rose jaune.

Une nouvelle rose ambassadrice de la ville

Entre 1850 et 1899, 80 roses ont été inventées chaque année dans le monde, dont 70% provenant directement des terres lyonnaises. «La guerre de 14-18 va casser cette dynamique. Il faudra attendre plusieurs décennies avant de trouver à nouveau des grands noms de rosiéristes», enchaîne Josiane Pierre-Bissey. «Aujourd'hui encore, 50% des obtenteurs européens (les créateurs de nouvelles roses) sont lyonnais», affirme la ville de Lyon.

Afin de faire revivre ce passé glorieux, et faire découvrir son savoir-faire resté assez confidentiel, la ville mise sur six mois de festivités. Pour l'occasion, elle a donné naissance à une rose unique et inédite, qui sera baptisée le 29 mai. La tradition veut parfois que les roses lyonnaises portent le nom des épouses des maires de la ville. Caroline Collomb devra se faire une raison. Les rosiéristes lui ont préféré...«Only Lyon».