Lyon: Grogne des enseignants et parents autour du non-remplacement des professeurs absents

EDUCATION Faute de remplaçants suffisants, des dizaines de classes seraient privées de maîtres dans le Rhône...

Elisa Frisullo

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Des élèves entrent en classe dans une école primaire à Lyon, en septembre 2013.
Des élèves entrent en classe dans une école primaire à Lyon, en septembre 2013. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

A l'école Louis-Pasteur, dans le quartier Mermoz, dans le 8e arrondissement de Lyon, les parents d'élèves ont brièvement occupé l'établissement scolaire mardi matin. Ce mercredi matin, c'était au tour des parents de la maternelle Max-Barel à Vénissieux de faire la classe aux enfants en raison de l'absence prolongée de la maîtresse. Depuis plusieurs mois, la colère des parents et des enseignants gronde dans le Rhône, où le non-remplacement des enseignants absents est devenu quotidien.

Cent soixante classes sans enseignant en moyenne

«C'est tous les jours dans les écoles et cela devient ingérable», note Yannick Ledu, secrétaire départemental du Snuipp 69. Le syndicat indique que selon l'aveu même de l'inspection académique du Rhône, 160 classes en moyenne sont privées de maîtres ces dernières semaines. «Dans la classe de ma fille, cela fait deux semaines que la maîtresse est absente et elle ne reviendra pas avant le 5 avril. Aucun remplacement n'est prévu. C'est principalement les maternelles qui sont le plus impactées. Elles sont moins prioritaires car les autorités considèrent que la scolarité n'est pas obligatoire», ajoute le syndicaliste.

L'IA en quête de solution

A l'Inspection académique du Rhône (IA), ces difficultés de remplacement qui durent depuis plusieurs mois sont prises au sérieux. «L'inspecteur académique s'est saisi de ce sujet. Nous recherchons actuellement toutes les solutions possibles car nous sommes conscients que cette situation n'est pas satisfaisante», indique-t-on à la direction des services departementaux de l'education nationale (DSDEN). A la rentrée, le département, qui compte plus de 9000 professeurs et 880 écoles, disposait d'une brigade de 584 enseignants remplaçants. Un vivier qui dès l'automne était épuisé, selon les syndicats.

L'Inspection académique a donc recruté une soixantaine de contractuels, des titulaires de Master 2 qui ont échoué au concours de professeurs des écoles. Tous sont actuellement en poste et le recrutement de nouveaux candidats est compliqué. «Nous manquons de candidats compétents et qualifiés», ajoute la DSDEN, qui a fait appel à Pôle emploi et l'École supérieure du professorat et de l'éducation pour trouver des candidats.

Les congés parentaux en hausse

Récurrentes chaque année, les difficultés de remplacements seraient encore plus importantes selon l'IA, en raison d'une progression des congés parentaux chez les enseignants et des arrêts maladie.  «Le problème de fond sur lequel nous alertons depuis des années, c'est que la brigade de remplaçants n'est pas suffisante. Il faut recruter et remettre en place les listes complémentaires», indique le Snuipp qui a sollicité une audience auprès de l'IA sur ce dossier.

Le syndicat appelle les enseignants à participer à la grève interprofessionnelle du 9 avril pour faire entendre leur voix sur ce problème qui pénalise avant tout les nombreux écoliers privés de maîtres, donc d'enseignement, des semaines durant.