Viols sur des enfants en Isère: «Il n'est pas possible que nous ayons eu un déficit de signalement à ce point», s'indigne Najat Belkacem

POLEMIQUE La Ministre de l'Education nationale, en déplacement dans le Rhône jeudi, est revenue sur l'affaire de Villefontaine...

Caroline Girardon

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Najat Vallaud Belkacem, le 24 mars 2015.
Credit:WITT/SIPA/1503241703
Najat Vallaud Belkacem, le 24 mars 2015. Credit:WITT/SIPA/1503241703 — SIPA

«Une affaire grave, abjecte même». En visite ce jeudi à Lyon, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, n'a pas échappé aux questions sur l'arrestation lundi, d'un directeur d'école de Villefontaine (Isère), soupçonné de pédophilie. Elle a annoncé qu'une inspection générale avait été diligentée afin de «faire toute la lumière sur ce qui s'est passé».

«Il y a des questions qui se posent, notamment la question du passé de cet individu et du fait qu'il ait pu continuer à enseigner, explique-t-elle devant une forêt de micros. Cette question, je me la pose tout autant. Elle me choque profondément.»

La crainte gagne les autres écoles où le directeur a travaillé

La ministre a indiqué avoir «décidé avec Christiane Taubira» de commander une inspection générale de l'Education nationale et une inspection générale des services judiciaires. Une enquête qui devrait prendre plusieurs semaines.

«Nous avons besoin d'améliorer la transmission des informations entre nos deux ministères, argumente-t-elle.L'Education nationale n'était pas informée du passé de cet individu. Il n'est pas possible que nous ayons eu un déficit d'informations, de signalement à ce point.»

Problème d'envoi de la part du ministère de la Justice? Ou problème de réception? «C'est ce que la mission conjointe nous apprendra», répond-elle.

«C'est un prédateur auquel on a offert un gâteau»

«Il faut que la confiance des parents dans l'école demeure intacte. Nous allons faire preuve de la plus grande transparence, promet encore Najat Vallaud-Belkacem. En tant que ministre de l'Education nationale, je me dois d'assurer à chacun que l'école est un sanctuaire, un endroit où ils peuvent déposer leurs enfants sans rien craindre pour eux. Bien sûr, une affaire pareille met à mal la confiance que l'on peut avoir dans l'institution scolaire. Je ne peux laisser cette défiance s'installer».

Une défiance qui risque de perdurer. La ministre était à moins de 50 kilomètres de la commune de Villefontaine, mais n'avait pas prévu de prolonger le trajet pour rencontrer les familles des petites victimes. «Je l'ai en tête [de les rencontrer] mais cela ne sera pas public», conclut-elle, quelque peu gênée.