Procès Iacono: Aucune peine requise

JUSTICE Convaincu que l'ancien maire de Vence a violé son petit-fils, l'avocat général s'en est remis à la conviction des jurés...

C.G.
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LYON, le 17/03/2015 Christian IACONO, ancien maire de Vence, lors de son troisieme proces pour le viol de son petit fils/ELSNER_1053.05/Credit:Fabrice Elsner/SIPA/1503171104
LYON, le 17/03/2015 Christian IACONO, ancien maire de Vence, lors de son troisieme proces pour le viol de son petit fils/ELSNER_1053.05/Credit:Fabrice Elsner/SIPA/1503171104 — SIPA

«Je vous laisse à cette conviction et à vous de vous forger cette conviction». Dans son réquisitoire de deux heures ce mardi après-midi, Jean-Paul Gandolière, avocat général de la cour d'assises de Lyon, n'a pourtant pas manqué d'afficher ses convictions.

Pour lui, Christian Iacono, ancien maire de Vence, est coupable. Coupable d'avoir violé son petit-fils Gabriel. Et qu'importe si ce dernier est revenu sur ses déclarations, affirmant depuis quatre ans qu'il avait menti.

La goutte de sang qui a fait douter l'avocat général

«Ce n'est pas parce que Gabriel se rétracte que je suis obligé de le croire, que vous (les jurés) êtes obligés de le croire», insiste le magistrat. «J'ai un peu l'impression d'être seul à défendre, ce que je crois, être la réalité des faits».

Pour Jean-Paul Gandolière, les faits sont clairs. L'enfant qui présentait des cicatrices annales, en 2000, a bien été victime d'abus sexuels. «Il y a des localisations précises (sur le corps). C'est rare, les traces physiques», argumente-t-il. Quant aux premiers dires du petit garçon, l'avocat général y attache toute son importance, rappelant que son comportement s'était ensuite dégradé.

Retour sur l'affaire Iacono

«C'est exceptionnel qu'un enfant de cet âge mente ainsi. Cela suppose une personnalité machiavélique, enchaîne l'avocat général. Or Gabriel n'avait pas les informations ni les outils pour bâtir son mensonge.» Dressant le portrait d'une personne narcissique, Jean-Paul Gandolière accable Christian Iacono, rappelant notamment que Gabriel avait indiqué à l'époque vouloir «protéger son cousin de son papi».

«Si M. Iacono a été condamné deux fois, c'est parce qu'il y avait un certain nombre d'éléments», martèle l'avocat général qui n'a néanmoins pas requis de condamnation, ni d'acquittement. La défense plaidera mercredi. Le verdict est attendu dans la soirée de mercredi.