Procès Iacono: L'ex-maire de Vence rejugé ce lundi

JUSTICE Christian Iacono comparaît pour la troisième fois, du 16 au 27 mars, lors d'un procès en révision...

C.G avec F.B
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L'ancien maire de Vence (Alpes-Maritimes) Christian Iacono, condamné à neuf ans de prison pour le viol de son petit-fils revenu des années plus tard sur ses accusations, est convoqué le 6 février à Paris devant la Cour de révision, a-t-il indiqué à l'AFP.
L'ancien maire de Vence (Alpes-Maritimes) Christian Iacono, condamné à neuf ans de prison pour le viol de son petit-fils revenu des années plus tard sur ses accusations, est convoqué le 6 février à Paris devant la Cour de révision, a-t-il indiqué à l'AFP. — Jacques Demarthon AFP

Un ultime rendez-vous. A partir de ce lundi et jusqu’au 27 mars, la cour d'Assises du Rhône va se pencher sur le cas de Christian Iacono, ancien maire de Vence qui va comparaître pour la troisième fois lors d'un procès en révision. Un fait rarissime en France. L'octogénaire est accusé d'avoir violé Gabriel, son petit-fils, âgé de 5 et 8 ans au moment des faits. 

Sauf que le jeune homme s'est rétracté en 2011, après la condamnation en appel de son aîné. Un électrochoc. Depuis, il ne cesse d'affirmer que ces accusations sont un tissu de mensonges et que son aïeul ayant passé neuf ans en prison, ne l'a jamais touché. 

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«Il y avait un contexte très particulier à l'époque, note Luc Febbraro, son avocat. Au moment de la dénonciation, Gabriel qui avait 9 ans et demi, recherchait l'amour de ses parents. Il avait une impression d'enfant qu'il n'était pas aimé. Il y avait dans cette famille, un éclatement, une guerre larvée entre le père et le grand-père qui était diabolisé.»

«Cataclysme»

«Nous étions dans les années où l'on commençait à beaucoup parler de la pédophilie, poursuit l'avocat. Il y avait un choc émotionnel considérable. Il n'avait plus de barrière à l'égard des enfants qui entendaient tout, qui voyaient tout sans limite. Alors que s'est-il passé dans la petite tête d'enfant de Gabriel à ce moment-là? Lorsqu'il a fait cette confidence à sa mère, il était loin d'imaginer ce qui allait se produire, ce cataclysme qu'il a déclenché». 

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«Prisonnier de son mensonge», Gabriel va craquer vers l'âge de 20 ans, le «poids étant devenu insupportable». «Il a pris son courage à deux mains», relate Luc Febbraro. «Ce procès sera un moment très éprouvant. Ses rétractations ont suscité beaucoup de commentaires et provoqué beaucoup de vilenie. Il a déjà subi un demi-lynchage. Il sait que ce procès va être pire mais sa vie est suspendue au dénouement. Il l'attend afin de pouvoir tourner la page.»

Le jeune homme de 24 ans a l'intention de demander le huis clos «afin de s'exprimer en toute tranquillité. Il est beaucoup plus dérangeant d'être jugé par le public quand on s'accuse quand on est accusé», conclut l'avocat.

«La rétractation de Gabriel, on l'attendait»

Du côté de l'accusé, la sérénité est de mise. «Cela fait quinze ans qu'on crie son innocence, affirme Cécile Esmengiaud, la fille de Christian Iacono et tante de Gabriel. La rétractation de Gabriel, on l'attendait...On savait qu'il allait finir par dire la vérité.» Quant à une possible réconciliation entre le grand-père et le petit-fils? 

«Il n'a pas eu de rapport avec mon père (Christian Iacono). Pour le moment, on ne peut pas aller plus vite que la machine. La réconciliation aura certainement lieu ensuite».