Rhône: Il est le dernier fermier de Lyon

AGRICULTURE La mairie du 9ème arrondissement organise samedi un pot-au-feu géant mitonné à partir de ses produits...

Caroline Girardon

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Lyon, le 12 Mars 2015
Louis-Pierre Perraud est le dernier fermier de Lyon. Sa ferme est à Saint-Rambert, dans le 9e arrondissement de Lyon
Lyon, le 12 Mars 2015 Louis-Pierre Perraud est le dernier fermier de Lyon. Sa ferme est à Saint-Rambert, dans le 9e arrondissement de Lyon —

Il est le seul, le dernier d'une lignée qui s'est éteinte à petit feu au fil des années. Louis-Pierre Perraud est le dernier fermier de Lyon. Un irréductible paysan qui continue de soigner ses terres. Celui qui «arrive à résister», déclare-t-il dans un franc sourire.

L'homme, âgé de 53 ans, est né à Saint-Rambert dans la ferme de ses parents. Là même où son père a vu le jour, et son grand-père avant lui. A l'époque, ce quartier situé dans le 9ème arrondissement, n'avait pas encore été rattaché à Lyon. C'est peut-être pour cette raison que l'homme ne sent pas tout à fait un Gone.

«Pas l'impression de vivre en ville»

«Je suis entouré de verdure toute la journée. Je n'ai pas du tout l'impression de vivre en ville, explique-t-il. Les seules fois où je réalise que je suis réellement à Lyon, c'est quand je pars en tracteur et que je suis obligé d'attendre cinq minutes pour sortir de chez moi, tellement il y a circulation.»

«Peu habitué à être enfermé», l'agriculteur avoue qu'il ne «pourrait pas faire autre chose». «Nous étions quatre enfants, je suis le seul à avoir repris l'exploitation de mes parents. Ce qui les a soulagés.» 15 hectares au total à cultiver sans relâche. Depuis trente-deux ans désormais, Pierre-Louis Perraud respecte le même rituel : levé entre 5 et 6 heures le matin et pas de répit avant 20h voire 21h30 certains jours.

Le mardi et le mercredi, il passe la journée dans ses terres. Le lundi et les jeudis sont dédiés au ramassage des légumes et des fruits qu'il vend le soir même à la ferme. Quand au vendredi et samedi, c'est jour de marché. Ne reste plus que le dimanche. Mais l'agriculteur a dû mal à tenir en place.

Jamais de vacances

«Quand je ne fais rien le dimanche après-midi, je me dis que je suis en vacances», sourit-il. Les vacances, un mot qu'il ne connaît pas. «J'ai pris trois jours, une fois, c'était il y a très longtemps pour aller en Haute-Saône, se souvient-il. Une autre fois, je suis allée rejoindre mon épouse en Bretagne deux jours».

Depuis, le maraîcher n'a plus quitté le Rhône. «Les vacances ne me manquent pas car je ne suis pas habitué à prendre. Je ne changerai pour rien au monde. Cela me plaît même si j'en bave», confie joyeusement celui qui travaille avec deux employés dont un à mi-temps.

Pot-au-feu géant

Cette semaine, Louis-Pierre Perraud a ramassé 120 kilos de légumes pour un pot-au-feu d'antan. Des carottes, navets, poireaux et pommes de terre qui serviront à mitonner samedi un pot-au-feu géant d'antan, prévu pour 450 personnes à l'initiative de la mairie du 9ème, désireuse de mettre à l'honneur les circuits courts et les produits locaux.