Rhône: Près de 1500 emplois menacés dans le BTP, selon la Fédération du bâtiment

ECONOMIE Pour la Fédération du bâtiment et des travaux publics, il y a urgence à agir...

avec AFP

— 

ILLUSTRATION BTP. Le 06 12 06
ILLUSTRATION BTP. Le 06 12 06 — G . VARELA / 20 MINUTES

La Fédération du bâtiment et des travaux publics (BTP) du Rhône a lancé mercredi un appel à agir d'«urgence» face à la dégradation des entreprises du secteur dans le département où 1500 emplois seraient menacés.

«Sans parler de catastrophe, la situation pour moi est très préoccupante (...) certains d'entre nous sont en survie et quand on est en survie, cela ne peut pas durer très longtemps», a déclaré Gilles Courteix, président de la Fédération du BTP Rhône, lors d'une conférence presse.

«Si on dit il est urgent d'agir, c'est qu'on peut encore agir et qu'il faut agir maintenant», a-t-il ajouté, en lançant un appel aux donneurs d'ordre publics et privés ainsi qu'aux particuliers.

Baisse d'activité, concurrence...

Selon la fédération, près de 1.500 emplois du BTP disparaîtront d'ici la fin de l'année «si rien ne bouge», dont 600 dans les travaux publics et 900 dans le bâtiment.

En cause notamment, la chute de l'activité qui s'est accélérée «depuis le 4e trimestre 2014», avec des trésoreries «détériorées», une concurrence accrue qui tire «les prix vers le bas» jusqu'à des niveaux «inacceptables».

Après avoir été «quasiment divisé par deux courant 2014», le volume des carnets de commandes est passé de 7 à 3 mois aujourd'hui, a encore souligné M. Courteix, évoquant en outre la diminution de la dotation globale de fonctionnement (DGF) des collectivités locales.

Cette dernière conduirait à une baisse des investissements publics  de 20 à 30% en deux ans», selon le BTP Rhône, dont le secteur des travaux publics est dépendant à 70%.

Comment agir?

Quelques pistes sont suggérées pour débloquer la situation actuelle, qui pourrait encore durer «12 à 18 mois» dans l'attente de premiers «frémissements» économiques, selon M. Courteix.

Le BTP Rhône, notamment «attend des donneurs d'ordre qu'ils concrétisent rapidement leurs projets, qu'ils lancent les opérations déjà programmées, qu'ils consomment les budgets votés». Selon M. Courteix, seulement 60 à 65% de ces budgets seraient utilisés.

Mercredi matin, quelque 1700 salariés du BTP ont manifesté bruyamment à Grenoble avant de rencontrer devant la mairie l'édile EELV de la ville, Eric Piolle, a constaté un journaliste de l'AFP. Dans un communiqué, le maire a demandé «un moratoire sur la baisse des dotations de l'État».

Mardi, plusieurs milliers de patrons et salariés des travaux publics ont protesté en Alsace et en Lorraine contre la baisse des dotations de l'État aux collectivités.