L'UDF ne passe pas à la consigne

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Elle votera donc blanc. Anne-Marie Comparini, seule députée UDF du Rhône, a annoncé hier, au lendemain du débat télévisé entre les deux candidats, qu'elle ne choisira ni Royal ni Sarkozy. Le sénateur Michel Mercier, patron de l'UDF locale et trésorier national du parti centriste, n'est, lui, pas sorti de son mutisme quant à son « choix de citoyen ». Ces deux proches de François Bayrou affichent une prudence de Sioux.

« En ne donnant pas de con­signe, ils laissent le jeu ouvert pour des triangulaires aux législatives afin d'obtenir un maximum de députés et de rééquilibrer l'Assemblée. Entre les deux tours, il y aura peut-être des accords locaux pour des désistements, en faveur de la gauche ou de la droite, qui donneront le ton pour les municipales », pronostique un cadre centriste. Michel Mercier, qui doit déposer ce matin les statuts du nouveau Parti démocrate, va aligner quatorze candidats aux couleurs de la nouvelle formation dans le Rhône. Et très probablement une liste aux municipales à Lyon, ville réputée pour se gagner au centre. « Mercier se ralliera forcément à la droite », prédit un élu UMP. « Nous devons faire une liste commune dès le premier tour », plaide Christian Philip, député UMP et ex-UDF, qui dispute sa 4e circonscription avec Dominique Perben, candidat UMP à la mairie de Lyon. « Le centre peut travailler avec la gauche. Cela se fait déjà au Grand Lyon », juge Gilles Vesco, vice-président UDF à la communauté urbaine. En 2006, il avait été suspendu du parti centriste pour avoir pris position en faveur de Gérard Collomb, maire PS de Lyon. Dimanche, il votera Royal.

Bayrou François Bayrou avait obtenu un bon score à Lyon au premier tour, le 22 avril, avec 22 % des suffrages (contre 18,5 % au niveau national), derrière Nicolas Sarkozy (34 %) et Ségolène Royal (27 %).