Ligue 1: «Nous sommes trop joueurs à l'OL», estime Henri Bedimo

INTERVIEW 20 MINUTES Avant Montpellier-OL dimanche (21h), le latéral gauche lyonnais se prête au jeu de la comparaison entre l'actuel leader de L1 et l'équipe héraultaise championne de France à la surprise générale en 2012, dans laquelle il évoluait...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Henri Bedimo, ici aux côtés des expérimentés Hilton et Camara, était devenu champion de France avec Montpellier en 2012.
Henri Bedimo, ici aux côtés des expérimentés Hilton et Camara, était devenu champion de France avec Montpellier en 2012. — VINCENT DAMOURETTE / SIPA

Faisant partie des cinq trentenaires de l'effectif lyonnais, Henri Bedimo fait figure de taulier au moment d'aborder le sprint final de la Ligue 1, dimanche (21h) à Montpellier. D'autant que le latéral camerounais a eu le plaisir de devancer le PSG pour le titre à la surprise générale, en 2012... avec Montpellier. Pour 20 Minutes, il revient avec sincérité sur cette expérience. 

L'OL avait nettement remporté le match aller (5-1) face à Montpellier (6e) mais la dynamique des deux clubs semble s'être inversée depuis quelques semaines...

Non, c'est juste qu'on sort d'une défaite qu'on pouvait éviter à Lille (2-1). Mais nous sommes toujours premiers.

Bernard Lacombe a évoqué «de la suffisance» suite à ce coup d'arrêt. Étiez-vous personnellement agacé par la tournure des événements à Lille?

Forcément car quand tu sors d'une belle première mi-temps, tu n'as pas le droit de montrer un visage comme ça. Tu joues les premiers rôles, tu as déjà quasiment étouffé l'équipe lilloise chez elle, et tu te fais bousculer de la sorte ensuite... Nous étions tous frustrés et en colère contre nous-mêmes.

Peut-on faire un parallèle entre le Montpellier champion en 2011-2012 avec vous et cet OL 2014-2015?

Même si on ne nous attendait pas à la première place, Lyon a quand même l'habitude de jouer les places européennes. Malgré le changement de projet, l'OL fait partie des valeurs sûres en Europe. Pour Montpellier, c'était tout nouveau. On n'est pas près de revoir ce genre d'équipe de sitôt. Il y a un fleuve entre les deux équipes. A Montpellier, nous avions saisi notre chance au bon moment. Mais il s'agit de deux clubs qui n'étaient pas attendus tout en haut à un instant T.

Les effectifs des deux équipes ont-ils des points communs?

A Montpellier, on avait 3-4 jeunes, sinon c'était une équipe de vieux briscards. John (Utaka) avait la trentaine, Giroud avait 26 ans, Bocaly (24 ans) avait aussi roulé sa bosse. A des moments clé, ça a vraiment joué car on a fait ressortir le vice. On a aussi su mettre un peu la pression au corps arbitral. C'est clair qu'on a usé de l'expérience pour ne pas craquer dans le sprint final.

Après 27 journées, le MHSC comptait deux points de retard sur le PSG. Aujourd'hui, l'OL a un point d'avance sur Paris. Étiez-vous plus confiant pour le titre en 2012 ou cette saison?

On pourra faire un premier point après le match à Marseille. Qu'on le veuille ou non, le facteur expérience va jouer à un moment. Le talent ne suffira pas.

Vous estimiez donc avoir plus de chances avec Montpellier?

Forcément... Et puis en 2012, l'appétit est venu en mangeant. A un moment, notre état d'esprit était de faire chier le PSG le plus longtemps possible. C'était notre plaisir. Tout le monde nous a pris au sérieux après notre nul au Parc des Princes (2-2 le 19 février).

Le jeu pratiqué avec René Girard semblait très pragmatique cette saison-là...

Nous étions une équipe caméléon. On était capable d'imposer un rythme de malade à l'adversaire mais aussi de se recroqueviller et de faire bloc pour gagner des matchs 1-0. Pour être champion, il faut avoir ces deux visages. Nous sommes trop joueurs à l'OL. On ne pense qu'à avoir la possession de balle et à attaquer pour chercher à gagner 2-0 ou 3-0.

Aimeriez-vous changer cela, en vous appuyant sur votre expérience montpelliéraine?

Ce n'est pas dans la culture ici et je pense qu'il faut avoir ça en soi. Quand un groupe est vraiment joueur, il faut faire avec. C'est un langage collectif à avoir. J'ai expliqué à Bruno Genesio et au coach comment on a pu gagner autant de matchs 1-0 avec Montpellier (12 en L1). A Lyon, on n'a pas cette faculté à accepter le fait de gagner 1-0, de se dire qu'on peut marquer et jouer le contre ensuite car on n'est pas bien ce jour-là.

Le vestiaire lyonnais parle du titre, à seulement 11 journées de la fin?

Non, sincèrement, c'est trop tôt. Il y a trois semaines, tout le monde nous encensait et là ça a changé en deux matchs. Après Marseille, on pourra voir où nous en sommes.

Vous souvenez-vous quand ce mot «titre» avait été prononcé à Montpellier?

Après le match à Paris... Enfin non on n'a pas parlé de titre mais déjà de Ligue des champions. Il faut voir que le club s'était fait éliminer peu de temps avant en Ligue Europa par une équipe (les Hongrois de Gyor en août 2010) de je ne sais trop où (rires)!