Si Alexandre Lacazette (à droite) se met souvent en évidence, l'OL s'appuie surtout sur un collectif bien rôdé, issu de son centre de formation.
/ELSNER_175905/Credit:FABRICE ELSNER/SIPA/1501251808
Si Alexandre Lacazette (à droite) se met souvent en évidence, l'OL s'appuie surtout sur un collectif bien rôdé, issu de son centre de formation. /ELSNER_175905/Credit:FABRICE ELSNER/SIPA/1501251808 — Fabrice Elsner / SIPA

FOOTBALL

L'Olympique Lyonnais ressuscite le FC Nantes 1995

Vingt ans après, l'OL présente beaucoup de similitudes avec l'équipe nantaise sacrée championne de France en 1995...

Le parallèle est frappant. Le FC Nantes, emmené par Ouédec, Loko et Pedros, avait insufflé un vent de fraîcheur en remportant le championnat de France, brisant le duel OM-PSG en vogue au début des années 90. Jeune, offensif, insouciant et surtout majoritairement formé au club, l'OL 2015 partage beaucoup de caractéristiques avec l'équipe dirigée par Jean-Claude Suaudeau.

Jeu offensif

«Ce qui saute aux yeux quand on compare les deux équipes, c'est d'abord cette complicité entre les joueurs, avec un jeu basé sur la technique et le mouvement», analyse Stéphane Roche, l'actuel directeur du centre de formation de l'OL et dauphin des Nantais en 1995 sous le maillot lyonnais. Quand le fameux «jeu à la nantaise» est devenu un label, la philosophie lyonnaise a toujours prôné «le jeu offensif, la prise de risque et la volonté de marquer plutôt que ne pas encaisser», détaille Roche.

Obligations financières

Quand on n'a pas d'argent, il faut des idées. Ou un vivier. Si les deux clubs ont puisé allègrement dans leur centre de formation, c'est davantage par nécessité que conviction profonde. «Au début des années 90, le FC Nantes avait échappé de peu à la rétrogradation. Repartir avec des jeunes était alors une obligation», se remémore Jean-Michel Ferri, titulaire chez les Canaris en 1995 et actuel entraîneur du FC Corbas, dans la banlieue lyonnaise. Vingt ans plus tard, la génération lyonnaise n'aurait pas forcément eu sa chance sans la construction d'un stade, projet qui assèche les comptes et limite le recrutement depuis de nombreux mois. «Malgré tout, l'OL s'appuie quelques cadres expérimentés venus de l'extérieur, comme Jallet et Bedimo», rappelle Stéphane Roche.

Danger permanent

Même dans les collectifs les plus huilés, les talents individuels ressortent. N'Doram, Pedros, Loko, Ouédec hier; Fekir, Lacazette, Gourcuff (quand il joue) aujourd'hui. «Ces joueurs ont la capacité d'apporter un plus», approuve Roche, quand Ferri va plus loin. «Quand je regarde Alexandre Lacazette, c'est Patrice Loko. Quand je regarde Maxime Gonalons, j'ai l'impression de me revoir sur le terrain». Globalement, les deux hommes s'accordent également sur l'impression que «le danger peut venir de partout». «Cette équipe lyonnaise doit faire peur, ça va être compliqué pour Nantes», pronostique Ferri avant le match entre les deux clubs, dimanche à Gerland (17 heures). Surtout avec le retour programmé d'Alexandre Lacazette face à une équipe nantaise incapable de gagner le moindre match de championnat en 2015.