Villeurbanne: «C'est la fin» des Atelières

ECONOMIE L'entreprise, fondée par des anciennes ouvrières de Lejaby, va déposer le bilan...

C.G. avec AFP

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Fabienne Bruere AFPTV

Le pari était beau, osé mais difficile. Finalement, il n'a pas payé. L'aventure des Atelières, c'est terminé. L'entreprise de lingerie, fondée notamment avec des anciennes ouvrières de Lejaby, est en cessation de paiement. Elle s'apprête à déposer le bilan. C'est ce qu'a annoncé lundi sa présidente Muriel Pernin, lors d'un point presse.

«C'est la fin des Atelières dans leur configuration initiale avec moi-même en tant que présidente, a déclaré Muriel Pernin. Si un repreneur arrivait, il aurait son propre projet qui se ferait sans moi».

Le tribunal de commerce de Lyon examinera mardi matin le sort de l'entreprise, qui est installée depuis 2012 à Villeurbanne et qui sera «selon toute vraisemblance» placée en liquidation judiciaire.

Des pertes estimées à 800.000 euros

«Nos clients en façonnage ont connu la crise russe (du rouble). Du coup, nous avons eu des impayés importants puis de grosses baisses de commandes», a d'abord avancé la directrice pour expliquer les difficultés de l'entreprise.

L'arrivée tardive de la première collection de l'entreprise pour la période de Noël, «qui aurait dû permettre de s'affranchir de la sous-traitance», ainsi que les attentats parisiens de janvier -«peu propices à la consommation»- ont également contribué à cet échec, a-t-elle ajouté.

Ainsi, « Les Atelières » ont réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 230.000 euros. Ses pertes sont estimées à quelque 800.000 euros, selon Muriel Pernin.

Symbole du «made in France»

Après avoir déjà frôlé la liquidation, l'entreprise qui confectionne de la lingerie haut de gamme, 100% fabrication française, avait récolté 657.150 euros lors d'une souscription «citoyenne» en mars 2014.

Cette levée de fonds propres avait été saluée par Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, alors ministres du Redressement productif et de l'Economie sociale, qui avaient fait de la coopérative l'un des symboles du «made in France». A cette somme, s'était alors ajoutée une ligne de prêts bancaires de 350.000 euros garantis à 70% par la Banque publique d'investissement (BPI).

Un premier appel aux dons avait permis de rassembler 250.000 euros en 2012 à la création de la société.