Lyon: Le «conteur» Benjamin Clementine va enchanter le Transbordeur

MUSIQUE Le phénomène britannique de 26 ans sera en concert dans la salle villeurbannaise le 17 mars. Avant cela, le pianiste et chanteur brigue la Victoire de la musique de la révélation scène dans son pays d'adoption qu'est la France...

Jérémy Laugier

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Benjamin Clementine dégage "une puissance de feu sur scène" selon son manager Matthieu Gazier.
Benjamin Clementine dégage "une puissance de feu sur scène" selon son manager Matthieu Gazier. — Baltel/Sipa

Les Lyonnais qui ont eu la chance de le découvrir en solo au Sucre (2e), en mars 2014, ne comprendraient pas que la Victoire de la musique de la révélation scène puisse lui échapper vendredi. Le pianiste Benjamin Clementine (26 ans) avait époustouflé tout le monde avec sa voix, son charisme, son live théâtralisé et ses improvisations.

Et ce, tant avec une chanson sur un mystérieux Monsieur Sucre supportant l’Olympique Lyonnais que sur une reprise d’Emmenez-moi de Charles Aznavour. L’artiste anglais d’origine ghanéenne a depuis sorti le 12 janvier son premier album At Least For Now, qui pourrait être disque d’or d’ici l’été. Il est de retour dans la région le 17 mars (20h30, 28 euros, il ne reste plus que quelques places) au Transbordeur de Villeurbanne, cette fois entouré de batterie, clavier et violoncelle.

Il n'a jamais pris un seul cours de piano ou de chant

Matthieu Gazier a rencontré pour la première fois Benjamin Clementine en octobre 2011, lorsqu’un de ses amis ayant repéré le chanteur sur la ligne 2 du métro parisien l’a emmené dans le studio que fréquentait Matthieu avec son label indépendant.

«Il m’a rapidement demandé de devenir son manager. Outre le métro où il reprenait des classiques de folk-soul avec sa guitare, Benjamin était dans un groupe de funk-rock. Mais ça l’a lassé et il a voulu retrouver son instrument de prédilection, le piano», explique Matthieu Gazier. Cet autodidacte n’ayant jamais pris un seul cours de chant ou de piano se heurte alors à une difficulté majeure.

«Sur scène, il te regarde dans les yeux pour te bouffer et te séduire»

«C’est dur de réclamer un piano dans une salle de concert alors que tu n’es personne», pointe Matthieu Gazier. Benjamin Clementine parvient malgré tout à enchaîner de petites dates, jusque dans d’improbables bars à bière en Belgique. «Je comparais ces moments à des matchs de boxe. Il devait convaincre des gens qui buvaient et parlaient fort. Mais il a une détermination que j’ai rarement vue. Et quel aplomb sur scène où il te regarde dans les yeux, à la fois pour te bouffer et te séduire. C’est un conteur», confie Matthieu Gazier.

L’histoire s’accélère après des concerts au Carmen (Paris) en novembre 2012, puis surtout suite à sa première apparition télévisée, en octobre 2013 avec Jools Holland sur la BBC2. Il y interprète son bouleversant Cornerstone, entouré sur le plateau par Paul McCartney et les Arctic Monkeys. En attendant de convaincre son Londres natal, Benjamin Clementine brigue une première récompense d’envergure dans son pays d’adoption.