Lyon: Ils ont les tatouages dans la peau !

TENDANCE Le 18ème salon du tatouage et du piercing s'est déroulé ce week-end à Villeurbanne. L'occasion d'aller à la rencontre des professionnels et des adeptes...

Caroline Girardon
Lyon, le 8 février 2015
Illustrations du salon du tatouage et du percing qui s'est déroulé à l'Espace Double Mixte de Villeurbanne.
Lyon, le 8 février 2015 Illustrations du salon du tatouage et du percing qui s'est déroulé à l'Espace Double Mixte de Villeurbanne. — no credit

Il erre dans les allées du salon les mains dans les poches. Longue barbe à la hipster, costume beige trois pièces, Blaise, au look de dandy anglais, dénote singulièrement parmi les gros bras tatoués arborant fièrement des tee-shirts noirs délavés à la gloire des groupes de métal. Mais ne vous fiez pas aux apparences. Le jeune homme est un vrai mordu des petites aiguilles. Son corps recèle de tatouages, à commencer par le dos entier et les bras.

«Comme une drogue»

«Une fois qu’on commence, on a du mal à s’arrêter, sourit-il. C’est comme une drogue. Au départ, on se met des barrières. Puis, elles tombent.» Pour Blaise, la plupart de ses récents tatouages ont une signification: «Ils marquent souvent une étape ou un changement dans ma vie. Tous ont une histoire en général. En ce moment, ils sont très intimes.»

Pour Michael en revanche, les choses sont différentes. «C’est une histoire de mode», concède-t-il.

 

«Avant, les piercings et les tatouages relevaient d’un rituel. Maintenant on en fait parce que c’est tendance, constate Marie, perceuse à Saint-Genis-Laval. Les séries télé et les émissions de téléréalité ont démocratisé ces pratiques.»

«Ce n’est plus réservé qu’aux amateurs de moto et de rock. Avant, dans la plupart des esprits, les gens qui arboraient des tatouages étaient des voyous, des marins ou des détenus sortant de prison», souligne Igor, son collègue tatoueur.

«Aujourd’hui, on voit arriver des mamans, des quinquagénaires ou des femmes au look très classique. Elles rentrent chez nous comme dans une grande surface», poursuit Marie. Ce que déplore Greg, tatoueur dans la Marne.

«Il faut être tendance»

«Malgré l’élan donné à la profession, je regrette cette dérive commerciale, explique-t-il. Les gens ne sont plus intéressés par la signification réelle du tatouage. Il faut juste être tendance. La plupart n'ont déjà aucune idée de ce qu'ils veulent lorsqu'ils viennent dans nos magasins. Mais contrairement à ce qu'ils pensent, on n'achète pas un tatouage comme on achète un jean.»