Annulation des municipales à Vénissieux: Que va-t-il se passer?

POLITIQUE Le Conseil d'Etat a invalidé mercredi le scrutin de mars 2014, obligeant les électeurs à retourner aux urnes...

Caroline Girardon

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Lyon, le 6 novembre 2014
La mairie de Vénissieux..
Lyon, le 6 novembre 2014 La mairie de Vénissieux.. — no credit

Michèle Picard, la maire communiste de Vénissieux n’aura pas réussi à sauver son siège. Mercredi, le Conseil d’Etat a annulé l’élection municipale de mars dernier, confirmant ainsi la décision du tribunal administratif. Que va-t-il se passer maintenant?

1. Trois mois pour organiser un nouveau scrutin

Les électeurs vont devoir retourner aux urnes pour désigner un nouveau maire. Le préfet du Rhône dispose d’un délai de trois mois pour organiser un nouveau scrutin. En attendant, la préfecture va mettre en place une «délégation spéciale» composée sept personnes qui seront chargées de remplacer les quarante-neuf conseillers municipaux et de gérer les affaires courantes de la ville.

2. Les mandats s'arrêtent

Tous les mandats des élus vont s’arrêter une fois qu’ils auront reçu la notification du Conseil d’Etat, c’est-à-dire dans les prochaines heures. Y compris celui de Bernard Rivalta, le président du Sytral, organisme qui gère les transports en commun lyonnais. De nouvelles élections doivent se tenir ce jeudi soir au Sytral. Deux scénarios sont envisagés: soit l'élu cède son siège. Soit il le regagne... Mais dans cette hypothèse-là,  de nouvelles élections devront être logiquement organisées à nouveau dès que Bernard Rivalta ne sera officiellement plus un élu de Vénissieux.


3. Vénissieux peut-elle basculer à droite? 

C’est le rêve du candidat de divers droite, Christophe Girard, à l’origine de l’un des deux recours en justice. Fort du soutien de «cinq mouvements de la droite et du centre», il se sent pousser des ailes. «La dernière élection a montré que c’était possible. Il n’a manqué que quelque trente voix par bureau», explique-t-il. Selon une de nos sources, le candidat aurait ses chances de l'emporter, surtout si la gauche part divisée dès le premier tour

4. Le PS devrait faire cavalier seul

Il s’était donné jusqu’au 1er février pour trouver un accord avec le Parti communiste afin d’envisager une liste commune. Sauf que Lotfi Ben Khelifa, le candidat de Vénissieux, n’a guère trouvé de terrain d’entente avec la maire sortante. Il devrait mener une liste indépendante, comme il l'avait fait au mois de mars. «Un large rassemblement à gauche, ce n’est pas un tête à tête avec le PS, répond Michèle Picard. Il y a aussi les Verts, le PRG (Parti radical de gauche) et le Front de gauche. On part avec un bilan et des projets, prêts à en découdre. Notre seul objectif d’envoyer au tapis la droite et l’extrême droite.» La campagne a, semble-t-il, déjà commencé...