Lyon : Les médecins réfutent pratiquer le toucher vaginal sur des patientes endormies

SANTÉ Les spécialistes de gynécologie se sont dits «choqués» et «humiliés» par de telles accusations...  

Elisa Frisullo

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Daniel Randrant, ancien du service de gynécologie à l'Hôpital Lyon Sud a réagi ce 3 février à la polémique sur le toucher vaginal.
Daniel Randrant, ancien du service de gynécologie à l'Hôpital Lyon Sud a réagi ce 3 février à la polémique sur le toucher vaginal. — Fabrice Elsner / Sipa

Leur ton est calme mais ferme. Ce mercredi matin, les médecins du service de gynécologie de l'hôpital Lyon Sud ont tenu à s'expliquer après la diffusion, la semaine dernière, sur les réseaux sociaux, d'un document de stage pour le moins embarrassant. Sur ce carnet d'objectifs, destiné aux étudiants en médecine et accessible jusqu'il y a quelques jours sur le site internet de la faculté Lyon Sud, dans la rubrique Formation, il était suggéré de pratiquer les touchers vaginaux au bloc opératoire sur des patientes endormies.

L'origine du document de stage toujours inconnue

«Je n'ai jamais vu de telles pratiques dans un bloc», a assuré le professeur Daniel Raudrant, dont le nom figure en tête du carnet de stage en question. «Depuis une semaine, je cherche comment cette feuille d'informations a pu se retrouver sur le site de la faculté. Mais aucun de nous n'a trouvé d'où vient cette affiche», ajoute l'ancien chef du service de gynécologie de Lyon Sud, visiblement attristé par la polémique née d'un tweet posté fin janvier par un pharmacien parisien. «Cela m'a révolté. J'ai passé toute ma carrière à respecter mes patientes et là, je me retrouve presque au ban de la société», a-t-il lâché.

L'accord de la patiente

«Notre seul gros tort est de ne pas avoir purgé le site Internet de la faculté. Mais il n'a jamais été organisé de formation sur des patientes endormies à destination des étudiants. Ce n'est pas possible, ce n'est pas éthique, ce serait inacceptable. Cela ne s'est jamais passé», a martelé le chef du service de Lyon Sud, François Golfier.

«Lors d'un bloc, les étudiants participent aux soins des patients et interviennent sur la sphère génitale et mammaire, puisque dans ce service, ces actes sont notre quotidien. Mais les patientes sont informées qu'il s'agit d'un externe et peuvent refuser (...). On passe notre vie à soigner des femmes dans le respect de leur dignité et de leur intimité», a ajouté le chef de service.

Les futurs médecins choqués

Egalement présents lors de la conférence de presse organisée ce mercredi à l'hôpital Lyon Sud, plusieurs internes se sont également dits choqués par cette polémique basée sur «de fausses informations». «Depuis que je suis en médecine, j'en ai vu passer des carnets de stage et je n'ai jamais vu cet objectif stupide de toucher vaginal sur patientes endormie»,  a confié l'une des internes. «C'est choquant  parce qu'on s'investit le mieux possible auprès de nos patientes et avec ce genre d'informations, on salit notre travail», a indiqué Carole, en dernière année d'internat.