Lyon: Ils ont traversé l'Antarctique en ski et sans assistance

EXPLOIT C'est la première fois qu'un couple réalise un tel exploit...  

Caroline Girardon

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Jérémie et Stéphanie Gicquel ont traversé l'Antarctique à sli et sans assistance pendant 74 jours.
Jérémie et Stéphanie Gicquel ont traversé l'Antarctique à sli et sans assistance pendant 74 jours. — Jeremie et Stephanie Gicquel

Les risques étaient loin d'être nuls. Pourtant, ils se sont lancés, réalisant une folle expédition et un exploit sans précédent : traverser l'Antarctique en couple, en ski et sans assistance. Soit 2.045 kilomètres parcourus dans des conditions extrêmes sur un continent grand comme vingt fois la France. C'est également la traversée en ski la plus longue effectuée jusqu'à présent en Antarctique.

Parti de Lyon le 31 octobre, le couple est rentré mardi midi, lessivé mais heureux, après 74 jours d'efforts intenses. «Il s'agissait plus de survivre que de vivre», relate souriante la jeune femme au moment de son arrivée à l'aéroport de Saint-Exupéry. Car le challenge était de taille.

 

 

«Nous avons avancé à la force des bras et des jambes, tirant derrière nous des pulka (traîneaux) de 50 et 65 kilos, raconte son mari. Nous avons skié en moyenne 12 heures par jour même si nous avons commencé progressivement.»

Des températures de - 55°C

«On s'est retrouvé face à un immense désert de glace. Il y avait un peu de stress. On s'est demandé si on allait y arriver», enchaîne Stéphanie. Car au départ, la jeune femme fiévreuse, peinant à suivre le rythme, doute un peu. «La première partie de notre périple (jusqu'au Pôle Sud) s'est effectuée dans des conditions extrêmes. Nous avions le vent de face qui soufflait à 70 kilomètres heures. La température descendait à -55°C. Tout devenait difficile : monter la tente, sortir quelque chose de son sac. Même faire une pause !»

 

 

«On devait faire attention aux gelures. La situation s'est compliquée lorsqu'un arceau de notre tente s'est brisé, déchirant la toile extérieure», sourit Jérémie. Ou lorsque Stéphanie, les doigts gelés, ne retrouvait aucune sensation. Et toujours ce froid qui les saisissait.

Un défi solidaire

«Nos masques étaient givrés, nos protections glacées. On n'avait qu'une hâte : manger notre plat du soir, du bœuf dans des sachets lyophilisés. et se blottir dans nos sacs de couchage...Même s'il faisait parfois -10° sous la tente», rigole Jérémie, avocat du droit en droit des affaires.

 

 

«Le plus dur c'était ce brouillard blanc et le vent. On ne s'entendait pas forcément. C'est à ce moment-là qu'on a pu avoir les pensées les plus négatives car on se rendait compte qu'on était vraiment seuls», relate la trentenaire. Pas un arbre à l'horizon, pas âme qui vive, ni même un manchot. Mais les mariés, qui ont perdu entre 6 et 12 kilos, ont tenu, pensant sans arrêt au défi solidaire qu'ils s'étaient lancés. Soutenant l'Association Petits Princes, le duo a réussi a récolté 8.000 euros afin d'aider les enfants malades à réaliser leurs rêves.