Les étudiants en médecine pratiquent-ils des touchers vaginaux sur des patientes endormies?

SANTE Un document mis à disposition des étudiants en médecine par la faculté Lyon-Sud évoquait la pratique du toucher vaginal et du palper abdominal sur des patientes endormies...

Elisa Frisullo

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Le 22 novembre 2010. Illustration d'un bloc opératoire.
Le 22 novembre 2010. Illustration d'un bloc opératoire. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Tout est parti d'un tweet posté fin janvier par un pharmacien parisien atterré par de telles consignes. Depuis quelques jours, la polémique enfle à Lyon autour de consignes délivrées par la faculté de médecine Lyon Sud à ses étudiants de 4e, 5e et 6e années. Sur des documents mis en ligne par la faculté lyonnaise et retirés récemment de la «rubrique formation», selon Metronews, il est indiqué que «l'examen clinique de l'utérus et des annexes par le toucher vaginal et le palper abdominal» peut se faire «en apprentissage au bloc sur patiente endormie».

 

Des explications peu claires

Sur un autre document de stage, qui servirait de base aux étudiants pour la validation de leurs acquis et qui a également été retiré du site de la fac, un tableau répertoriant les actes que doit réaliser l'étudiant comporte la rubrique TV/AG. Comprendre toucher vaginal sous anesthésie générale.

Ces consignes qui ont fuité sur la toile et n'ont pas manqué de faire réagir des internautes, sont considérées comme une «une négligence» par Carole Burillon, doyen de la faculté de médecine Lyon-Sud. «Il faut éviter d’avoir des expressions comme cela dans nos carnets de stage», a-t-elle indiqué à nos confrères du Progrès qui ont révélé cette affaire. Elle aurait également assuré que ces actes ne se font que lors d’opérations chirurgicales abdomino-pelviennes et s’inscrivent totalement dans le cadre de l’intervention. «On est dans la transparence avec nos patientes», assure la doyenne, selon le quotidien régional.

Dans Metronews toutefois, les explications de la doyenne sont moins claires. «Les médecins n’abusent pas de la personne qui est endormie. On travaille ensemble, et à l’occasion de la chirurgie, l’interne et l’externe vont apprendre», répond-elle au quotidien, en reconnaissant que ce système «d’apprentissage» n’est pas parfait. «On pourrait effectivement demander à chaque personne l’accord pour avoir un toucher vaginal de plus mais j’ai peur qu’à ce moment-là, les patientes refusent.»

Une conférence de presse est prévue mercredi matin à l'hôpital Lyon Sud sur cette affaire, en présence des médecins dont le nom figure sur les documents de stage.