Olympique Lyonnais: Lindsay Rose a "une grande confiance en lui"

FOOTBALL Dépassé lors de ses débuts à l'OL l'été dernier, le jeune défenseur s'impose comme le meilleur recours lyonnais à ce poste depuis la grave blessure de Milan Bisevac. Ses anciens partenaires et dirigeants croient en sa réussite...

Jérémy Laugier

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Très solide dimanche dernier face à Dimitar Berbatov et l'AS Monaco (0-0), Lindsay Rose devrait être reconduit dimanche face au PSG. BEBERT BRUNO
Très solide dimanche dernier face à Dimitar Berbatov et l'AS Monaco (0-0), Lindsay Rose devrait être reconduit dimanche face au PSG. BEBERT BRUNO — SIPA

"Je l'ai fait jouer à 18 ans car c'était simplement le meilleur." Philippe Hinschberger n'a pas besoin de rentrer dans des explications tactiques pointues pour justifier la première titularisation de Lindsay Rose au sein des pros (avec Laval, en L2) , un soir d'avril 2010. Alors latéral droit, habituellement en CFA2, celui-ci a bien grandi puisque quatre ans plus tard, il va se retrouver titulaire (dimanche à 21h) lors du sommet de L1 entre le leader lyonnais et le PSG. Un nouveau statut qui fait suite à la rupture du ligament croisé antérieur du genou droit de Milan Bisevac à Monaco et qui a de grandes chances de se poursuivre jusqu'à la fin de la saison.

Désormais entraîneur de Laval, Denis Zanko a été inspiré de recruter Lindsay Rose, non conservé par le Stade Rennais à 16 ans, avant de quitter son poste de directeur du centre de formation lavallois. "Il était à construire mais il avait des qualités athlétiques au-dessus de la moyenne (1m84, 80 kg), confie-t-il. Laval a été une bonne transition pour lui après une marche rennaise peut-être un peu haute. Je l'ai revu à Lyon récemment et il a gagné en assurance, en maturité. Je sens que ce garçon a une grande confiance en lui."

Il va retrouver "le mur" Zlatan Ibrahimovic

Une caractéristique qui pourrait l'aider au moment de défier Zlatan Ibrahimovic le jour de ses 23 ans. "J’ai joué deux fois contre Paris et devant lui, tu te dis que quand même, là, c’est un truc de fou. Tout ce qu’il fait, tu sens que c’est fort. Il se prépare à te faire mal. C’est un mur. Il provoque énormément et essaie de te faire sortir de ton match", avait évoqué l'intéressé à La Voix du Nord en janvier 2014.

"En L2, c'est impressionnant comme il envoyait des watts avec des percées de 40 mètres sans que personne ne puisse l'arrêter, se souvient avec admiration Philippe Hinschberger. Mais il compte beaucoup sur sa dimension athlétique pour rattraper des coups, parfois trop." Une "naïveté" qui explique en partie des débuts totalement manqués à Lyon l'été dernier, au gré de cinq titularisations peut-être prématurées, dont deux couacs majeurs à Gerland face à l'Astra Giurgu (1-2) et Lens (0-1).

"On ne le reconnaissait plus"

Suite à quoi, durant quatre mois, l'international espoirs n'a plus du tout été utilisé par Hubert Fournier. Une spirale négative qu'il a enrayée en ce début d'année en profitant d'une première blessure de Milan Bisevac et du départ à la CAN de Bakary Koné. "Il montre qu'il est costaud dans sa tête", constate Grégory Pujol, son ancien partenaire à Valenciennes, entre janvier 2013 et juillet 2014.

Des coups durs, Lindsay Rose en a vécu plusieurs, entre son échec au Stade Rennais, une rupture d'un ligament croisé du genou en octobre 2013, et avant cela un transfert avorté de Laval à Lorient, durant l'été 2012. "Quand Lindsay n'est pas bien dans ses baskets, on le sent tout de suite, glisse son ancien entraîneur au Stade Lavallois. Il a entamé un bras de fer avec le club puis il nous a coûté des buts durant cinq mois. On ne le reconnaissait plus..." 

"Je lui conseille de se lâcher"

Malgré là aussi des débuts difficiles, sa découverte de la Ligue 1 avec Valenciennes lui fait beaucoup de bien. S'il ne dispute que 24 rencontres de championnat dans le Nord en un an et demi, en partie en raison de sa grave blessure, Lindsay Rose y a marqué les esprits. "Il a pris beaucoup d'ampleur chez nous. Par ses qualités physiques, sa relance et son anticipation, il est avec Milan Bisevac l'un des meilleurs défenseurs avec qui j'ai pu évoluer. Je n'ai aucun doute sur sa capacité à enchaîner de gros matchs avec Lyon", loue Grégory Pujol. L'actuel attaquant du Gazélec Ajaccio évoque "un gros travailleur" qui compte tout de même un défaut: "Il se pose beaucoup trop de questions. Si j'ai un conseil à lui donner, c'est de se lâcher sur le terrain".

Philippe Hinschberger se souvient justement qu'à l'époque, "Lindsay avait besoin d'être guidé". Les rêves de titre de l'OL passeront donc à n'en pas douter par l'entente de cette nouvelle charnière composée de Samuel Umtiti et Lindsay Rose. Là aussi, ce serait un sacré pied de nez que Lyon se joue du PSG en opposant aux stars brésiliennes Thiago Silva et David Luiz un duo combinant seulement 45 ans.