Lyon : Les professeurs inquiets de la montée de la violence dans les collèges de Vaulx-en-Velin

EDUCATION A l'occasion de la journée nationale d'action dans l'Education nationale, de nombreux enseignants des collèges étaient en grève ce mardi dans cette commune de la banlieue lyonnaise...  

Elisa Frisullo

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Le 3 Février 2015, à Vaulx-en-Velin. Les professeurs du collège Pierre Valdo sont en grève pour dénoncer la montée en puissance de la violence au sein de leur établissement.
Le 3 Février 2015, à Vaulx-en-Velin. Les professeurs du collège Pierre Valdo sont en grève pour dénoncer la montée en puissance de la violence au sein de leur établissement. — Elisa Riberry / 20 Minutes

Leurs visages sont tendus, leur colère perceptible. Mais ils n'ont pas baissé les bras. Ce mardi, peu de cours ont été assurés au collège Pierre Valdo de Vaulx-en-Velin où près de 80% des enseignants étaient en grève, selon des professeurs.

Organisée dans le cadre de la journée nationale d'action dans l'Education, cette mobilisation était avant tout destinée à alerter les autorités sur le malaise des enseignants sur la recrudescence de la violence au sein de l'établissement. Une situation qui n'est pas nouvelle sur la commune puisque les professeurs des trois autres collèges Cesaire, Duclos et Barbusse, classés ZEP +, étaient également mobilisés ce mardi pour les mêmes raisons.

Agressions, insultes...

«Cela fait huit ans que j'enseigne à Pierre Valdo et j'observe une montée en puissance inquiétante de la violence», lâche une professeur gréviste, qui ne peut que déplorer, «impuissante», les bagarres à répétition entre les élèves dans les couloirs, les insultes à l'égard des personnels et les menaces. «Depuis la rentrée de janvier, c'est quotidien. Ce qui a fait déborder le vase, c'est le fait que des surveillants aient pris des coups», ajoute un professeur d'histoire. Dans les classes, la situation n'est pas plus apaisée. «On est menacé, on reçoit des projectiles, les élèves viennent nous intimider en s'approchant de nous comme s'ils allaient nous taper ou nous bousculer. Mais pourquoi ils arrêteraient? Ils savent qu'il n’y a pas de sanctions», ajoute un professeur.

Face à leur désarroi et à leurs inquiétudes, les enseignants ne se sentent pas «soutenus». En juin dernier, le rectorat, déjà alerté sur les agressions et incivilités, aurait promis aux équipes l'arrivée d'un médiateur de vie scolaire. «Mais on ne l'a jamais vu», se plaignent les profs.

Une rentrée compliquée?

Les violences, pourtant continuent. Parfois, ces faits sont suivis de conseils de discipline. Mais souvent, «notre hiérarchie essaye de les éviter», relatent les professeurs, qui réclament la mise en place d'une échelle claire de sanctions éducatives et des moyens humains suffisants pour mettre en place des solutions adaptées aux difficultés rencontrées dans les établissements. Un vœu pieu ?  «Pour l'année prochaine, on nous annonce encore une forte hausse des effectifs et pas de créations de postes. Cela veut dire encore plus d'élèves en classe, ce qui dans un établissement de ZEP + comme le nôtre n'est pas évident», ajoutent les professeurs. 

Pour absorber l'arrivée massive de nouveaux collégiens, les grévistes aimeraient voir le collège Jean-Vilars, fermé depuis 2009, rouvrir ses portes. Ce point fera sans doute partie de la discussion prévue jeudi matin au rectorat de Lyon avec une délégation d'enseignants de Vaulx-en-Velin. Contacté par 20 minutes, le rectorat de Lyon n'a pas encore répondu à nos questions.