Lyon: Entre trois et seize ans requis pour la mort d'Abdelbasset

JUSTICE Quatre hommes comparaissent depuis le 21 janvier dans cette affaire qui remonte à janvier 2012. Le verdict est attendu ce vendredi...

Elisa Frisullo

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Le 6 février 2012. Marche blanche dans les rues du centre de Lyon, ce matin en hommage au jeune homme de 32 ans, mort après avoir été percuté par une voiture.
Le 6 février 2012. Marche blanche dans les rues du centre de Lyon, ce matin en hommage au jeune homme de 32 ans, mort après avoir été percuté par une voiture. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Les jurés délibèrent ce vendredi matin et doivent rendre leur verdict dans la journée... Après huit jours de procès, le procureur général de la cour d'assises du Rhône a requis jeudi 16 ans de réclusion à l'encontre de Driss Ganas, accusé d'avoir frappé puis heurté avec son véhicule Abdelbasset Ramachi, la nuit du 29 janvier 2012, quai Romain-Rolland, dans le 5e arrondissement de Lyon.

Requalification des faits

Cette nuit-là, alors que le peintre de 32 ans se baladait avec son beau-frère et leurs compagnes, quatre jeunes hommes les avaient dépassés en voiture et pris à partie. La situation avait rapidement dégénéré. Plusieurs rixes avaient éclaté en pleine rue, avant que les quatre jeunes ne retournent à leur véhicule, abandonné en plein milieu des voies. Puis Ryan, le beau-frère d'Abdelbasset avait été percuté par la voiture devenue folle. La victime avait ensuite été heurtée violemment.

Grièvement blessé, Abdelbasset était décédé des suites de ses blessures à l'hôpital. Longtemps privilégiée, la thèse du meurtre n'a pas tenu au cours de ce procès. L'avocat général a requalifié les faits en «violences volontaires sans intention de la donner». Une requalification qui pourrait valoir jusqu'à 20 ans de réclusion au principal suspect de 25 ans, qui au cours du procès, a reconnu «être responsable mais pas un meurtrier». «Il a percuté deux victimes. Il aurait pu s’arrêter à chaque fois. Cette manœuvre est incompréhensible si l’on exclut la volonté de nuire», a toutefois insisté dans son réquisitoire l'avocat général, comme le rapporte ce jeudi Le Progrès.

A l'encontre des trois autres jeunes qui sont accusés d'avoir participé à la rixe, trois ans de réclusion ont été requis. L'un d’eux, dont le téléphone portable avait été retrouvé dans le véhicule des quatre jeunes soupçonnés de la violente agression, a continué de nier sa présence sur les lieux du drame cette nuit de janvier 2012.