Lyon: Situation tendue à hôpital du Vinatier

SOCIETE Un infirmier a été agressé à l'arme blanche mercredi matin. Par ailleurs, l'établissement connaît depuis une semaine un pic d'affluence record...

Caroline Girardon

— 

 Lit d'une chambre d'isolement dans un hopital psychiatrique disposant d'un système d'attaches
Lit d'une chambre d'isolement dans un hopital psychiatrique disposant d'un système d'attaches — Thierry Flamand / SIPA

Grosse frayeur mercredi matin à l'hôpital psychiatrique du Vinatier. Un jeune infirmier, qui travaille à Flavigny, unité dédiée aux adolescents, a été poignardé à l'arme blanche, à plusieurs reprises dans le haut du corps par l'un des patients.

«Il a été pris en charge par le SAMU et transféré à l'hôpital Edouard Herriot. Ses jours ne sont pas en danger», assure la direction de l'établissement.

Un drame qui n'est pas sans rappeler celui de 2002. Dans la même unité, un infirmier avait été assassiné par un jeune schizophrène, refusant d'être hospitalisé à la suite de sa consultation. Pour les salariés, cet événement est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Car depuis quelques semaines, l'établissement est à flux tendu, connaissant un pic de fréquentation peu habituel.

11 lits pour 30 patients

«Les urgences sont saturées, raconte Marc Auray, représentant de la CGT. Certains jours, nous recevons 30 patients alors que ce service est doté de 11 lits». «On est obligé de les attacher sur des lits simples non sécurisés alors que d'autres dorment dans le couloir, raconte Olivier, un infirmier. Le danger est d'autant plus grave que les mineurs côtoient parfois les adultes dans le même box.»

«Entre mars 2013 et octobre 2014, 40 lits ont été fermés. Nous manquons tout simplement de place aujourd'hui», explique Marc Auray pour justifier en partie les raisons d'une telle saturation. «Au lieu d'être hospitalisés deux ou trois jours aux urgences, certains patients restent parfois une dizaine de jours car il n'y a pas de places disponibles dans les autres services», déplore Jean-Louis Guglielmetto, infirmier et secrétaire du CHSCT. 

«Réaction en chaîne»

«Il y a deux infirmiers pour contenir 25 patients. Lorsqu'on a aucun moyen de calmer l'un d'entre eux, cela fait montrer la tension, notamment chez d'autres patients qui absorbent leur mal-être.»

«C'est une réaction en chaîne. Il y a des répercussions dans tous les services», regrette Olivier. Si certains patients s'éternisent dans les couloirs des urgences, d'autres sont expédiés pour «faire de la place». «Nous récupérons des gens encore délirants et potentiellement agressifs car ils n'ont pas eu le temps d'être stabilisés», témoigne le jeune homme. Sans parler du dispositif d'appel d'urgence qui est hors-service depuis le mois d'août.

Renforts supplémentaires

«Nous sommes obligés d'utiliser des sifflets, raconte Marc Auray. Désormais, le personnel vient travailler avec la boule au ventre. Ce sentiment n'est pas engendré par la peur de l'autre mais par des conditions de travail de plus en plus dur».

La direction a indiqué avoir déployé des renforts supplémentaires pour faire face à la suractivité actuelle. «Depuis mardi, afin de soulager les équipes, nous avons ouvert le plus largement les recours aux renforts, selon les besoins quotidiens», explique-t-elle précisant qu'il n'y a pas de problèmes de sous-effectif à Flavigny, où a été poignardé l'infirmier.