Lyon : La cour d'appel s'estime incompétente pour juger le cas du Père Riffard

JUSTICE Le curé héberge depuis plusieurs années des sans-abri dans une salle paroissiale de Saint-Etienne...

Caroline Girardon

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Le père Gérard Riffard quitte le tribunal de Lyon le 2 décembre 2014
Le père Gérard Riffard quitte le tribunal de Lyon le 2 décembre 2014 — Jean-Philippe Ksiazek AFP

La justice n'a finalement pas tranché. La cour d'appel de Lyon devait statuer ce mardi sur le sort du père Gérard Riffard, curé de Saint-Etienne, qui héberge depuis des années des sans-abri dans l'une des salles paroissiales.

En décembre, lors de l'audience en appel, l'homme d'église s'était vu reprocher d'avoir ouvert cette salle malgré les interdictions de la mairie et de l'Etat.

Mardi, la cour d'appel a préféré renvoyer le dossier devant le parquet estimant qu'elle n'était pas compétente pour juger cette affaire.

«Un homme qui fait le bien»

«Le juge a estimé que ce qui était reproché au père Riffard relevait éventuellement d'un délit et non d'une contravention, explique à 20 Minutes Chantal Jullien, son avocate. Il a annulé la décision du tribunal de police (qui avait relaxé le prêtre en septembre) et laisse le Ministère Publique décider ou non de le poursuivre devant le tribunal correctionnel.»

Un scénario que l'avocate n'envisage pas : «Est-ce que cet homme mérite de passer devant un tribunal correctionnel pour ce qu'il a fait? Ceux qui sont jugés devant cette juridiction sont en général des gens qui ont fauté vis-à-vis de la société. Or, peut-on dire que le père Riffard a manqué à ces devoirs? Non, cet homme fait le bien en refusant de laisser dormir des gens dans la rue.»

«Faire mon travail au mieux»

«Il faut tout recommencer à zéro. On m'a toujours dit que je n'étais pas un délinquant mais un contrevenant, lâche le principal intéressé. Je m'attendais à un jugement sur le fond, alors que la cour s'est basée sur un argument juridique. Chacun fait son travail, moi j'essaie de faire le mien au mieux».