Grenoble: Le rêve éveillé du GF38 après l'exploit face à l'OM

FOOTBALL Retour sur la soirée de folie vécue dimanche par les Grenoblois, tombeurs du leader de L1 aux tirs au but. Ils devront l'emporter à Boulogne (National) en 16es de finale pour poursuivre l'aventure...

A Grenoble, Jérémy Laugier

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Les Grenoblois ont signé la plus grosse sensation des 32es de finale de Coupe de France en éliminant l'OM de Marcelo Bielsa dimanche. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT
Les Grenoblois ont signé la plus grosse sensation des 32es de finale de Coupe de France en éliminant l'OM de Marcelo Bielsa dimanche. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT — AFP

"Quand on est compétiteur, on ne doit pas respecter son adversaire sur le terrain. On doit tout faire pour lui marcher dessus." C'est ce discours offensif qu'a martelé l'entraîneur grenoblois Olivier Saragaglia avant le 32e de finale de Coupe de France si déséquilibré entre le deuxième de son groupe de CFA et le leader de la L1. Mené à trois reprises, ce GF38 héroïque a su éliminer l'OM aux tirs au but (3-3, 5-4) pour créer l'exploit du week-end. "Je me demande si ce n'est pas plus fort encore que notre montée en L1 en 2008", débattaient des supporters emballés dimanche à la sortie d'un stade des Alpes en fusion (18317 spectateurs).

"Envie que ça ne se finisse pas"

"On avait envie que cette soirée ne se finisse pas, confirme Paul Cattier, héros isérois avec de nombreux arrêts durant 120 minutes et une ultime parade décisive sur le tir au but de Florian Thauvin. À 3-2, on était un peu cuit mais Selim (Bengriba) a réussi un miracle à la dernière seconde." Si le GF38 a évidemment bénéficié de réussite dans cet ahurissant scenario, il a aussi donné l'impression de toujours y croire, même après le but très rapide d'André-Pierre Gignac (6e). "On ne lâche jamais rien et je suis fier de ce qu'on a fait", évoque le capitaine Selim Bengriba, qui avait déjà éliminé trois L1 (Monaco, Brest et Sochaux) sous le maillot de Chambéry (CFA2) en 2011.

Grenoble, c'est le Brésil !

Son partenaire en défense centrale Henrique en a eu "des frissons": "l'ambiance m'a même fait penser à mes saisons au Brésil". Une comparaison que l'ancien pro à Reims (L2, 2007-2008) aurait presque pu oser au niveau de l'étonnant jeu proposé par les joueurs d'Olivier Saragaglia. "On voulait fermer leurs côtés et essayer de vite se sortir de leur pressing. Par moments, ça a quand même été Fort Alamo", sourit l'entraîneur grenoblois, qui avait parfaitement étudié l'équipe de Marcelo Bielsa, et qui n'a pas renié ses principes. "C'est notre style et même face à Marseille, personne ne voulait qu'on joue différemment", assure Henrique.

Pas de chance au tirage pour cette fois

Un audacieux plan qui a porté ses fruits puisque Grenoble a parfois tenu tête (9 tirs cadrés au total) à un candidat pour le titre comme peu l'ont fait cette saison en L1. "Tomber au tirage au sort contre Marseille était un rêve. Alors se qualifier est au-dessus de ça, d'autant qu'on n'a rien volé...", résume le président isérois César Puente. Seul bémol dans cette fête arrivant trois ans et demi après la liquidation judiciaire du club (de L2 à CFA2): le tirage au sort des 16es de finale lundi soir. César Puente rêvait "d'un petit PSG, d'un petit Saint-Etienne ou d'un petit Lyon", il n'a hérité que de Boulogne (4e de National), qui plus est à l'extérieur. Et si cet anonyme rendez-vous était plus difficile à négocier que la soirée de gala qu'avait entraîné la venue de l'OM?