Le Ninkasi a délocalisé sa fabrique de bières à Tarare en 2012 et a quadruplé sa production.
Le Ninkasi a délocalisé sa fabrique de bières à Tarare en 2012 et a quadruplé sa production. — c. villemain / 20 minutes

CONSOMMATION

Lyon: le boom des bières régionales

Une centaine de brasseries se sont développées avec succès en Rhône-Alpes depuis la fin des années 1990...  

Avec plus de cent brasseries, Rhône-Alpes est la région française qui compte le plus de brasseurs de bière. Alors que dans les années 1990, la boisson houblonnée avait «une image de produit pauvre», selon David Hubert, directeur fabriques du Ninkasi, l’arrivée de «bières qualitatives et attrayantes» a changé la donne.

«Il y a un retour aux produits locaux contre la standardisation, un retour au goût», se félicite Sylvain Chiron, directeur de Brasserie du Mont-Blanc qui se targue de brasser à l’eau des glaciers. L’entreprise savoyarde de 15 salariés a produit 15.000 hectolitres en 2014, soit 50% de plus que l’année précédente et espère en écouler plus de 25.000 hl de bière en 2015 après un nouvel investissement de 6 millions d’euros. Sylvain Chiron a recréé en 1999 une marque qui s’était éteinte dans les années 1950, tout comme sa famille, dirigeant Alpina-Savoie, avait relancé le crozet.

Si l'eau provient du massif du Mont-Blanc, elle arrive par camions-citernes à la brasserie basée à Chambéry. Les prix du foncier en Haute-Savoie ont dissuadé le dirigeant de s'installer à côté de la source, préférant payer 7 centimes par litre d'eau pour le transport. Grâce à deux titres de champion du monde au concours «World Beer Awards» pour une blanche en 2013 et une rousse en 2011, la Brasserie du Mont-Blanc souhaite se développer à l'international.

Identités régionales

Brasserie Mont-Blanc, Bourganel en Ardèche et le Ninkasi à Lyon ont été les pionniers de cette reconquête à la fin des années 1990. Depuis, ils ont été imités par des dizaines d’autres qui mettent en avant leur identité locale: «Bières du Léman», «La Mandrin» de la brasserie du Dauphiné, «Brasserie de la Loire, «Brasserie du Pilat», «Terre de Bières en Beaujolais» ou «Les ursules» brassé dans un ancien couvent à Crémieu jouent sur leur attachement local.

Bières aux marrons, à la myrtille, au génépi sont autant de spécialités qui ont permis à ces brasseurs de se démarquer et de se développer. Outre l'Alsace et le Nord qui ont toujours eu une tradition de brasseur, les régionalismes fonctionnent désormais à plein. La bière corse, Pietra aux châtaignes, a été l'une des premières a surfé sur son identité locale.

En France, les bières régionales ne représentent qu’1% des ventes contre 10% aux Etats-Unis, ce qui «laisse une marge de progression énorme», se félicitent deux des principales brasseries rhônalpines.