Lyon: Un sursis de six mois pour la crèche Mirabilis

INFO 20 MINUTES L'établissement, menacé de fermeture à la fin de l'année, envisage de diversifier ses activités pour rester ouvert la nuit...

Caroline Girardon

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Lyon, le 21 octobre 2014. La crèche Mirabilis, la seule de Lyon à être ouverte 24 h sur 24, pourrait fermer ses portes en raison de difficultés économiques. La structure, gérée par la Mutualité française, peine à commercialiser ses berceaux réservés aux entreprises.
Lyon, le 21 octobre 2014. La crèche Mirabilis, la seule de Lyon à être ouverte 24 h sur 24, pourrait fermer ses portes en raison de difficultés économiques. La structure, gérée par la Mutualité française, peine à commercialiser ses berceaux réservés aux entreprises. — Elisa Riberry / 20 Minutes

C'est la seule crèche de Lyon, accueillant des enfants en continu, de nuit comme de jour. Menacée de fermeture, la crèche Mirabilis, située dans le quartier de la Part-Dieu, vient d'obtenir un sursis de six mois. «L'idée d'une fermeture pour le 1er janvier est totalement écartée», annonce la Mutualité française du Rhône, qui gère l'établissement. Lundi soir, les administrateurs se sont réunis pour décider de l'avenir de la structure. Un avenir qui reste encore bien flou.

«L'activité est prolongée au moins pour le premier semestre 2015», assure l'un d'entre eux. La suite est plus incertaine. «Aucune fermeture n'est programmée. On cherche des solutions afin de poursuivre les activités et les services proposés dans leur forme actuelle mais on sait très bien que l'avenir de la crèche reste subordonné à la réalité économique.»

Le coût du loyer en cause

En d'autres termes, la crèche qui dispose de 40 places en journée et 12 la nuit, est loin de faire le plein. «Il manque l'équivalent du financement d'une vingtaine de places, explique la mutualité du Rhône. L'établissement, qui accueille 78 enfants, n'est pas assez utilisé la nuit.» Une situation paradoxale lorsque l'on sait qu'il était à l'étroit dans ses locaux d'origine. Mirabilis a décidé de s'ouvrir aux entreprises lyonnaises intéressées pour réserver des places pour leurs employés. Mais, en pleine crise économique, peu de sociétés sont venues frapper à la porte de la crèche.

La Mutualité du Rhône envisage désormais de renforcer sa capacité d'accueil en journée et de diversifier ses activités. Elle songe par exemple à accueillir des activités périscolaires en partenariat avec des écoles voisines. «Aucune piste ne sera rentable si en parallèle, le coût du loyer proposé par Habitat Grand Lyon, n'est pas revu à la baisse», estime Aline Junet. La jeune maman est allée manifester lundi en marge du conseil d'administration, en compagnie d'autres parents.

«Changer de travail»

«Depuis le 10 octobre, nos courriers sont restés lettre morte, explique-t-elle. On n'a pas l'impression que les administrateurs avaient conscience de notre situation.» La jeune femme, interne en médecine, a un nourrisson de 6 mois. «Mon compagnon est chef de cuisine. Nous travaillons tous les deux de nuit. Si la crèche ferme, il va être obligé de changer de travail car tant que je suis interne, je ne peux pas éviter les gardes de nuit.» Une difficulté partagée par Chloé Bost, elle aussi interne en médecine.

«Financièrement, il m'est impossible de payer une crèche et une baby-sitter». La jeune maman confie toutefois «regarder ailleurs pour trouver une place dans une autre crèche» par crainte de voir l'établissement définitivement fermé dans quelques mois.