Lyon: L’Église tourne aussi sa foi vers la musique pop

RELIGION Le groupe de «pop louange» lyonnais Glorious, qui a déjà vendu 150.000 albums, vient de sortir le single «Notre Père» mardi avec d'autres artistes de l'Église Lyon Centre...

Jérémy Laugier

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Les artistes de l’église Saint-Blandine, située à Confluence, sortiront leur premier album ensemble pour Pâques 2015.
Les artistes de l’église Saint-Blandine, située à Confluence, sortiront leur premier album ensemble pour Pâques 2015. —

«Si chanter Jésus vous permet de vendre 3.000 albums, ce sera déjà très bien.» Douze ans après ce pronostic de leur maison de disques, Thomas et Benjamin Pouzin (30 et 31 ans) ont écoulé environ 150.000 exemplaires de leurs sept albums de «pop louange» catholique.

Ils ont fondé leur groupe Glorious à la suite des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Rome (en 2000) lancées par le pape Jean-Paul II. «Nous avons toujours voulu vivre notre foi sans avoir à être ringards, explique Benjamin Pouzin. Il fallait renouveler ces messes qui peuvent être très ennuyeuses, en visant un peu l’esprit des célébrations gospel aux États-Unis.» Monseigneur Barbarin, qui soutient leur projet, leur a confié en 2008 une messe hebdomadaire, le dimanche soir à Sainte-Blandine (2e).

L'orgue a été remplacé par les guitares

«Nous avons viré l’orgue de l’église pour installer guitares, basse, batterie et clavier», sourit ce fan de Coldplay. Ce rendez-vous de 18h à 19h30 attire en moyenne 1.200 personnes, majoritairement âgées de 25 à 50 ans. Les textes de la bible sont ici accompagnés de musique actuelle et d’applaudissements du public. Le succès de la trentaine d’artistes de l’Église Lyon Centre, où se regroupent Glorious mais aussi les quatre frères d’Hopen, les a poussés à enregistrer le single Notre Père.

Celui-ci totalise plus de 10.000 vues sur YouTube en deux jours. Tous intermittents du spectacle, les membres de Glorious donnent 80 dates payantes par an dans des églises, devant un millier de spectateurs en moyenne. «Même des non-chrétiens se montrent parfois étonnés et impressionnés par notre authenticité», apprécie le guitariste.