Lyon: Des téléphones portables pour les femmes battues?

SECURITE Ce dispositif, déjà testé dans d'autres villes de France, devrait être expérimenté à Lyon au cours de l'année 2015 à une échelle très restreinte...

Caroline Girardon

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Paris le 2 octobre 2012. Illustration femme battue. Violences conjugales.
Paris le 2 octobre 2012. Illustration femme battue. Violences conjugales. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un téléphone portable spécial pour alerter la police lorsque l'on est victime de violences conjugales. Ce dispositif, qui est actuellement testé dans plusieurs villes de France, devrait être expérimenté à Lyon au cours de l'année 2015.

«Les violences faites aux femmes font partie des axes prioritaires sur lesquels nous allons travailler, explique Albert Dourtre, directeur départemental de la sécurité publique. Elles constituent une vraie problématique. Depuis le début de l'année, elles sont en augmentation continue, de 7 à 8%».

«Difficile de savoir pourtant, si le phénomène s'accentue réellement ou si les plaintes enregistrées sont plus importantes parce que les femmes, victimes de violences, les dénoncent plus facilement qu'avant», s'interroge Laurence Emin-Coutinho, chargée de la mission sécurité et prévention à la ville de Lyon.

2 ou 3 appareils à Lyon

Ce dispositif sera mis en place sous l'autorité du parquet... mais de façon très restreinte. «Il ne pourra pas être étendu à toutes les victimes, poursuit Laurence Emin. Il concernera essentiellement les femmes en grand danger, celles pour lesquelles l'auteur a reçu une interdiction d'entrer en contact avec la victime.»

Le parquet attend la livraison du premier dispositif pour le début de l'année prochaine. Il pourrait être doté de trois appareils; un chiffre qui n'a pas encore été arrêté. «C'est très complexe car il faut identifier précisément la situation des femmes qui pourraient en bénéficier, avoue Marc Cimamonti, procureur de la République de Lyon. Or, il y a une grande ambivalence. Beaucoup de victimes continuent d'avoir des contacts avec leurs ex-conjoints et refusent de porter plainte parce qu'ils ont des enfants». «Entre 25 à 30% des demandes de protection aboutissent à un désistement», appuie Paul-André Breton, président du TGI de Lyon.

Le premier téléphone de ce genre a été testé à Bobigny, il y a quatre 4 ans. Au 30 juin, 157 téléphones étaient déployés sur le territoire national et 304 personnes en avaient bénéficié.