Plan social suspendu à Arkema

SOCIAL Hier, les salariés d'Arkema, en grève depuis un peu plus d'une semaine pour protester contre l'annonce de la...

Carole Bianchi

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« On n'a pas gagné la guerre, mais nous avons remporté une grande bataille. » Hier, les salariés d'Arkema, en grève depuis un peu plus d'une semaine pour protester contre l'annonce de la suppression de 226 postes sur 574 sur le site de Pierre-Bénite, ont voté à 94 % la reprise du travail. Dans l'après-midi, le directeur général d'Arkema France, Michel Delaborde, était arrivé de Paris pour accepter les conditions de négociation exigées depuis le début par la CGT.Le protocole d'accord, signé en fin d'après-midi entre la direction et les quatre organisations syndicales (CGT, CFDT, CGC et CFTC), prévoit la suspension du plan de licenciement et la négociation à Pierre-Bénite de la viabilité des emplois atelier par atelier. « Et s'il résulte que quelques postes ne peuvent être sauvés, les départs se feront uniquement sur la base du volontariat », a précisé Guy Commarmond, secrétaire CGT au comité d'entreprise.Tous les salariés mobilisés depuis plus d'une semaine étaient satisfaits de l'issue favorable trouvée au conflit. « Les salariés de l'usine possèdent un véritable potentiel. Voir partir tout ce monde serait un véritable gâchis », explique Sarah, 44 ans, qui travaille depuis une vingtaine d'années au laboratoire de l'usine. Jean-Noël Coignard, 50 ans, employé à l'atelier de fabrication d'acide fluorhydrique, le plus important de l'usine, espère que la majorité des emplois sera encore sauvegardée pendant trois ans. Après avoir connu une première fermeture d'usine il y a 13 ans, à Rouen, Jean-Noël ne souhaite plus partir de Pierre-Bénite, « un site prometteur qui embauchait à l'époque », se souvient-il avec nostalgie. Patrick Kita, 51 ans, s'inquiète pour sa part des éventuels reclassements. « On ne sait pas chez qui, ni où et quand. On sait qu'il n'y a pas beaucoup de place dans les autres sites d'Arkema. » En attendant, l'activité de l'usine devait redémarrer dès 4 heures ce matin.

expertise Un cabinet d'experts indépendants doit réaliser d'ici à quatre semaines une étude détaillant toutes les solutions alternatives aux suppressions d'emploi.